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Brèves

L’actualité en bref

La justice administrative a autorisé la poursuite de la construction de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, entamée en 2023. Un ouvrage qui a suscité depuis lors l’opposition d’une partie de la population, des élus locaux et des militants écologistes. Mais, malgré plusieurs décisions de justice contestant son utilité publique, l’État et le constructeur et futur concessionnaire Atosca font tout pour aller de l’avant quitte à saccager au passage plusieurs centaines d’hectares de forêts et de terres agricoles. Fervent soutien du projet, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a répété qu’il souhaitait « mettre en route cette autoroute d’ici au mois d’octobre 2026 ». Les affaires sont les affaires et au diable la nature !

Deux mois et demi après l’adoption par le Congrès espagnol d’un décret-loi instituant un embargo sur les contrats d’armement avec Israël, le gouvernement de coalition de gauche dirigé par le socialiste Pedro Sánchez fait marche arrière. Sous la pression d’Airbus, qui menaçait de délocaliser à l’étranger certaines de ses activités et de détruire des milliers d’emplois, Madrid est revenu sur son embargo militaire. Il a accordé au géant européen de l’aéronautique une « autorisation exceptionnelle » pour importer du matériel militaire israélien, notamment des composants fabriqués par les entreprises israéliennes Elbit Systems et Elta System. Comme quoi, en régime capitaliste, les patrons ont toujours le dernier mot.

Jordan Bardella, Marine Le Pen et leur allié Éric Ciotti n’ont pas du tout apprécié qu’à l’occasion du décès de Brigitte Bardot, la presse rappelle, entre autres, ses accointances avec l’extrême droite, son admiration pour Jean-Marie Le Pen et ses multiples condamnations en justice pour ses propos sexistes, homophobes, racistes et islamophobes. Pour Bardella, il s’agit « d’une entreprise de méchanceté » de la part « d’une presse de gauche » qui « serait bien incapable de produire autre chose que de la haine recyclée ». Éric Ciotti s’agace que « même dans la mort, les défunts sont poursuivis par la haine et l’extrémisme ». En matière d’extrémisme, Bardot était pourtant une experte. Elle avait par exemple qualifié de « population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales » les habitants de la Réunion et traitait les personnes homosexuelles de « lopettes de bas étage, travelos de tout poil, phénomènes de foire ». N’en jetez plus ! Bref, elle préférait nettement les animaux au genre humain dans toute sa diversité. Alors une « icône » ? Très peu pour nous.

Après avoir fait de la résistance, la préfecture d’Île-de-France et de Paris a fini par céder à la pression des associations d’entraide et d’élus de gauche pour déclarer le plan « grand froid » qui va notamment permettre d’ouvrir de nouvelles places dans des centres d’hébergements. « Soixante femmes isolées seront accueillies dès demain dans les salles de la préfecture de région Île-de-France, préfecture de Paris », a indiqué le préfet dans un communiqué. Il précise également que 300 nouvelles places d’hébergement seront disponibles « pour toute la période hivernale », en plus des 200 places ouvertes ces derniers jours. C’est mieux que rien mais on est loin du compte. À l’échelle de Paris intra-muros, 3 500 personnes dorment à la rue tous les soirs. Et la plupart seront laissés pour compte, encore une fois. Pourtant un toit est un droit.

Un décret publié le 24 décembre sur l’exercice du métier d’infirmier doit s’appliquer au plus tard fin juin 2026. À partir de cette date, infirmières et infirmiers pourront faire des bilans cliniques et prescrire des médicaments ou des analyses en lien avec les médecins traitants. Selon le Syndicat national des professionnels infirmiers, ses membres ne seront plus considérés comme de simples « agents d’exécution d’actes techniques » décidés par les médecins. L’expérience clinique des infirmiers, qui suivent des milliers de patients, est reconnue, ainsi que leur rôle crucial dans le maintien de l’autonomie des personnes âgées. Mais il n’y a pas de miracle. Le docteur Burel, président du syndicat des médecins libéraux de Seine-Maritime, explique que cette mesure est indispensable, soulignant : « Nous sommes débordés, et favorables à transférer certaines tâches à d’autres professionnels de santé mais à condition que cela soit coordonné par le médecin généraliste. » C’est la pénurie criante de médecins et l’extension des déserts médicaux qui poussent les pouvoirs publics à tenter de s’appuyer davantage sur le corps infirmier. Sans tenir compte du fait que ce dernier est souvent lui-même débordé par sa charge de travail. Au mieux une rustine…

L’armée thaïlandaise a accusé sa rivale cambodgienne d’avoir violé un accord de cessez-le-feu conclu après trois semaines d’affrontements meurtriers à la frontière entre les deux pays. Plus de 250 drones auraient été détectés par la Thaïlande au-dessus de son territoire dans la nuit de dimanche à lundi, selon l’armée. Le conflit tire sa source d’un tracé frontalier entre les deux pays de plus de 800 kilomètres de long, tracé imposé à l’époque par l’ancienne puissance coloniale française et qui donne lieu, depuis lors, à des affrontements récurrents. 47 personnes au moins ont été tuées et plus de 900 000 personnes déplacées, dont 500 000 côté cambodgien et près de 400 000 côté thaïlandais. Ce conflit est donc lié à la fois à l’héritage de la période coloniale, mais aussi à la volonté des deux gouvernements d’utiliser la guerre comme moyen de souder autour d’eux des populations qui vivent souvent dans la misère.

Les demandes de délocalisation à l’étranger émanant de salariés israéliens travaillant dans des multinationales technologiques ont fortement augmenté au cours de l’année écoulée, révèle un rapport publié par l’Association israélienne des industries de haute technologie, qui indique que 53 % des multinationales opérant dans le pays ont signalé une hausse des demandes de délocalisation de la part de leur personnel israélien. Ce mouvement s’inscrit dans un double phénomène migratoire qui enregistre une baisse de l’immigration juive venant de l’étranger et une hausse significative des Juifs israéliens désirant quitter le pays. Ils étaient 84 000 l’an dernier contre 55 000 en 2023. Cette tendance s’est accentuée en 2025, avec 40 % des Israéliens restants envisageant de partir. Parmi les motifs évoqués : la hausse du coût de la vie, l’évolution politique depuis l’arrivée du gouvernement de coalition d’extrême droite en 2022, la réforme judiciaire tentée en 2023, et le contexte sécuritaire lié à la guerre de Gaza. On peut aisément comprendre les personnes qui veulent quitter le pays en regrettant cependant que, d’après ce rapport, la solidarité et la compassion à l’égard des Palestiniens soient totalement absentes de leurs motivations.

Pas de trêve en Cisjordanie occupée où les attaques de colons se poursuivent inlassablement. La dernière victime est un bébé de huit mois qui a été blessé « au visage et à la tête », a indiqué l’agence de presse officielle palestinienne Wafa, lorsqu’un groupe de colons armés a mené une attaque jetant dans la localité de Saïr, au nord d’Hébron. Selon les rapports de l’ONU et de l’Unicef, 42 enfants palestiniens ont été tués par les forces israéliennes (armée et colons) en Cisjordanie en 2025. Cela représente 20 % de l’ensemble des victimes palestiniennes dans ce territoire depuis le début de l’année et une augmentation de 200 % du nombre d’enfants tués sur les 16 derniers mois par rapport à la période précédente. La boucherie continue…

En 2023, le gouvernement lançait une nouvelle réforme concernant la réforme de la réglementation de l’assurance chômage, dite de « contracyclicité ». Officiellement, il s’agit d’un mécanisme d’ajustement de la durée d’indemnisation en fonction de la conjoncture économique. La principale mesure consistait à réduire la durée d’indemnisation de 25 %, soi-disant pour faciliter le « retour à l’emploi ». Deux ans et demi après sa mise en place, ses effets se font sentir, alors que seulement 70 % des allocataires sont déjà passés au nouveau régime : le nombre de chômeurs atteignant la fin de leurs droits sans possibilité de rechargement est passé de 43 000 à 71 000, soit une hausse de +65 %. Dans un rapport, l’Unédic se félicite que les économies générées seraient de l’ordre de 4,5 millions d’euros par an. Toujours ça de gagné sur le dos des chômeurs en subventions pour le grand patronat !