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Brèves

L’actualité en bref

Donald Trump a dévoilé la liste des sept premiers membres du Conseil de la paix qu’il présidera. Avec son emphase et son ridicule habituels il l’a qualifié de « plus grand et prestigieux conseil jamais assemblé ». Question de point vue. Car, outre lui-même, ce nouvel organisme compte dans ses rangs ses conseillers Mario Rubio et Steve Witkoff, son propre genre, Jared Kushner, surtout connu pour utiliser la politique de son beau-père pour faire des affaires, l’ancien Premier ministre travailliste britannique Tony Blair, reconverti depuis longtemps dans le business, Marc Rowan, un milliardaire patron du fonds d’investissement Apollo Global Management et Ajay Banga, le président de la Banque mondiale. Ils seront peut-être rejoints par les deux présidents-dictateurs turc et égyptien, Erdoğan et Sissi, et par le président argentin d’extrême droite Milei. Une des plus belles brochettes de crapules rassemblée depuis longtemps et qui se soucient des intérêts des Gazaouis comme d’une guigne.

Le Premier ministre vient de présenter la énième mouture de son projet de budget pour cette année. Avec toujours les mêmes ficelles : quelques concessions « sociales » pour amadouer sur sa gauche le Parti socialiste (augmentation de la prime d’activité, repas à un euro dans les restos U…) et quelques autres « sécuritaires » (plus de crédits pour la police et la justice) sur sa droite pour faire les yeux doux à Laurent Wauquiez et aux Républicains. Mais une constante dans tous ces textes : pas question de taxer sérieusement les super-riches ni de réduire les aides, exonérations de charges de toutes sortes et crédits d’impôt dont bénéficient les entreprises. Et de cela Olivier Faure et ses amis s’en accommodent fort bien…

Un ex-CRS a été condamné a sept ans de prison ferme avec mandat de dépôt immédiat pour homicide volontaire ayant entrainé la mort sans l’intention de la donner. Il avait abattu en 2018 d’une balle dans le cou un jeune homme de 22 ans, Aboubacar Fofana, lors d’un contrôle. Les juges – fait assez rare dans ce genre d’affaires – ont été beaucoup plus loin que le ministère public, représentant l’État, l’avocat général ayant demandé quatre ans de prison dont deux avec sursis, ce qui aurait permis au prévenu de purger sa peine à domicile sous bracelet électronique sans passer par la case prison. La cour criminelle avait rejeté la thèse du « tir accidentel » soutenue par le policier… qui a fait appel, son avocat ayant estimé la sentence « inhumaine ». Plus clémente cependant que celle qu’il a infligée à Fofana.

La Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) est violemment opposée à l’accord du Mercosur qui vient d’être signé entre l’Union européenne et quatre pays latino-américains. Pour montrer son mécontentement, elle a fait descendre à plusieurs reprises ses tracteurs dans la rue pour bloquer notamment les grands axes routiers. Ça, c’est coté pile. Mais coté face, nous apprend Le Canard enchaîné, un certain nombre de grands groupes coopératifs qui lui sont affiliés, ont massivement investi dans l’alimentation pour bétail, notamment en Uruguay et au Mexique. Le Mercosur va booster leurs affaires. Ça s’appelle ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier…

Emmanuel Macron a reçu à l’Élysée le 16 janvier les représentants des forces politiques de Nouvelle-Calédonie, sauf le Front de libération national kanak et socialiste (FLNKS) qui a décliné. Et pour cause. La réunion de l’Élysée n’avait qu’un seul objectif : tenter de faire revivre l’accord moribond de Bougival, signé le 2 juillet dernier, et qui prévoit l’octroi d’une certaine autonomie à l’archipel tout en le maintenant au sein de l’État français. Un accord auquel est totalement opposé le FLNKS dans la mesure où il ne reconnait pas le droit du peuple kanak à disposer de lui-même et à la Kanaky d’accéder à une indépendance pleine et entière. Tout le reste n’est que bavardage destiné à maintenir l’emprise du colonialisme français sur une de ses dernières possessions.

La librairie-café Violette and Co, située rue Jean-Pierre Timbaud dans le 11e arrondissement, a été perquisitionnée par la police. Les fins limiers, armés et accompagnés d’un procureur de la République, étaient à la recherche d’« objets interdits à la vente » et en particulier d’un livre pro-palestinien de coloriage pour enfants intitulé From the River to the Sea (De la rivière à la mer)… qui n’était plus en vente. La direction de cette boutique, qui s’affiche ouvertement féministe et lesbienne, n’avait pas été prévenue de la descente policière. Quant à ce déploiement de force, destinée à l’évidence à intimider, il s’inscrit dans la campagne visant à criminaliser tous les soutiens à la cause palestinienne. Il contraste avec le peu d’empressement de la justice à agir après que la vitrine de la librairie ait été taguée de slogans racistes et homophobes en septembre dernier.

Hacen Diarra, un homme de 35 ans originaire de Mauritanie, est mort alors qu’il se trouvait en garde à vue au commissariat dans le 20e arrondissement. Selon la police il serait rebellé lors de son interpellation et les policiers auraient été contraints d’utiliser un pistolet à impulsion électrique. Il aurait alors chuté au sol, se blessant profondément à l’arcade. Mais des témoins rapportent une version quelque peu différente. Selon eux, Diarra était en train de boire tranquillement un café lorsque la police est venue vers lui, l’a interpellé, puis violemment frappé. Et, après sa chute, le sol était couvert de sang. La police des polices a ouvert une enquête. Selon le travail de recensement réalisé par les journalistes de Basta Media, les tristement célèbres « malaises » en garde à vue ou en cellule de dégrisement, et autres arrêts cardiaques « d’origine inconnue » lors d’une interpellation seraient à l’origine de la mort de cinq gardés à vue en 2023 et de huit en 2024.

C’est Al-Qahera News, une chaîne de télévision égyptienne, qui l’a annoncé : le comité palestinien de gouvernance de la bande de Gaza a tenu sa première réunion au Caire. Formé après l’entrée en vigueur annoncée par Washington de la phase deux du bien mal nommé « plan de paix » américain, ce comité technocratique est composé de 15 personnalités palestiniennes soigneusement choisies pour leur parfaite compatibilité avec l’État sioniste qui a eu son mot à dire dans leur désignation. Le comité doit administrer provisoirement le territoire palestinien sous le contrôle d’un Conseil de la paix qui sera dirigé… par Donald Trump. Autant dire que les Gazaouis ne seront jamais consultés sur leur avenir.

Face au mécontentement croissant d’une partie des ménages qui se plaignent de la hausse des prix, notamment ceux de l’alimentation (+3,1 % sur un an dont 15,5 % sur le bœuf haché), Donald Trump a sorti l’artillerie lourde. En l’occurrence Brooke Rollins, sa secrétaire à l’Agriculture, qui sans complexe a affirmé sur les réseaux sociaux et dans le média en ligne The Hill qu’il était possible de manger un repas sain et équilibré pour « environ 3 dollars » (2,60 euros). Sa recette : un morceau de poulet, du brocoli, une tortilla de maïs et un autre ingrédient. Et de conclure triomphalement : « La nourriture saine et abordable est à la portée de tous les Américains. » Mais, bien évidemment, ce déjeuner ultra-frugal n’est jamais servi à la Maison-Blanche. Et pour cause. Comme l’a fort bien résumé un internaute : « Des jets privés et des avantages fiscaux pour eux et leurs amis riches, et un morceau de brocoli *ET* une tortilla pour nous ! »