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Brèves

L’actualité en bref

Le ministère de l’Intérieur a dévoilé un premier bilan de la circulaire Retailleau contre les demandeurs d’asile et les migrants neuf mois après sa présentation. Alors que la répression se durcit, les demandes de régularisation ont chuté de 42 %, beaucoup de migrants se cachant désormais et n’osent plus aller faire régulariser leur situation auprès de l’administration de peur d’être interpellés. Cette circulaire, dévoilée le 23 janvier dernier, permet aux préfets de réprimer, en toute légalité, les demandeurs d’un titre de séjour. Ce texte pose comme conditions à « l’admission exceptionnelle au séjour » sept ans de présence sur le territoire, la maîtrise du français, l’absence d’une obligation de quitter le territoire français préalable et d’éléments considérés comme une menace à l’ordre public. Conséquence : seulement 11 012 titres de séjour ont été délivrés à des étrangers au titre de l’admission exceptionnelle entre janvier et septembre, contre 19 001 sur la même période de 2024. Non seulement il faut abolir cette circulaire raciste, dénoncée par les associations d’aide aux étrangers, mais tous les sans-papiers doivent être régularisés. Bienvenue aux migrants !

Dans le cadre du blocus naval instauré par Washington contre les navires liés à Caracas, les États-Unis ont poursuivi, pour la troisième fois, un pétrolier soupçonné de violer les sanctions qu’ils ont unilatéralement imposées au régime de Nicolas Maduro. Ces interventions surviennent alors que Donald Trump affirme que le Venezuela se sert de l’or noir, sa principale ressource, pour financer « le narco-terrorisme, la traite des êtres humains, les meurtres et des enlèvements ». Des accusations parfaitement bidon qui n’ont jamais été étayées mais qui servent à Trump de prétexte pour tenter d’affaiblir un régime qui lui tient tête et, à terme, de le renverser et de mettre la main sur ses richesses pétrolières. La première victime de ce blocus naval est le peuple vénézuélien lui-même qui en subit les conséquences directes : inflation galopante, pénuries alimentaires, explosion de la pauvreté. Hors d’Amérique latine, l’impérialisme américain !

Le dirigeant de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, vient de réprimander sévèrement Air France. Objet de son courroux : la compagnie aérienne a choisi le système Starlink d’Elon Musk pour fournir du Wifi très haut débit à bord de ses avions. Et de se lamenter qu’une entreprise américaine ait été choisie au détriment d’une entreprise bien de chez nous, en l’occurrence l’opérateur de satellites Eutelsat. Le tout au nom d’un patriotisme économique qui n’a pas grand-chose à voir avec la défense des intérêts des travailleurs et qui tend à présenter le capitalisme français sous un jour plus favorable que ses concurrents. Une escroquerie et une impasse.

Une enquête réalisée par Le Monde et une dizaine d’experts indique que 15 % des écoliers
du pays, soit plus de 1,7 million d’élèves, sont soumis à une forte présence de pesticides. Ils sont scolarisés dans des établissements situés dans un rayon d’un kilomètre autour d’exploitations agricoles. Ceux qui se trouvent dans les bassins viticoles, les plaines céréalières et les secteurs d’arboriculture fruitière sont les plus concernés. L’exposition aux pesticides est potentiellement liée à des risques de cancers ou de troubles du développement neuropsychologique et les enfants de 3 à 6 ans sont particulièrement à risque. Cette situation est connue depuis des années mais les pouvoirs publics ne bougent pas, le ministère de la Santé se contentant d’encourager les maires et les préfets à mettre en place des chartes locales pour limiter cette exposition. Mais rien de bien contraignant dans tout ça. Pas question de heurter de front les trusts agrochimiques et les agriculteurs qui utilisent ces pesticides à tout-va.

C’est Mediapart qui le révèle. Une agente de sûreté de la RATP, Fatiha A., a été mutée d’office par son employeur après avoir dénoncé des faits de harcèlement et d’agressions sexuelles. L’enquête interne s’est retournée contre elle et l’agent signalé a, lui, été mis hors de cause. Un fait qui n’a rien d’étonnant. L’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail alerte depuis plus de dix ans la RATP sur son traitement défectueux des violences sexistes et sexuelles et dénonce leur gestion calamiteuse par la direction. Les agentes ayant signalé des faits subissent souvent des représailles. Une ancienne employée a même fait condamner la RATP pour harcèlement et discrimination. Bien que la direction affirme mener une politique de « tolérance zéro », les actions concrètes sont notoirement inadéquates et l’inspection du travail a rappelé à l’ordre la RATP à plusieurs reprises, notamment l’an dernier, sans résultat apparent.

Macron vient d’annoncer la construction d’un second porte-avions – en réalité déjà commandé en 2018. Celle-ci devrait coûter 10 milliards, sans compter le coût de l’entretien : un milliard par an. Bien entendu, ces dépenses se feront au détriment des budgets de la santé et de l’éducation, comme des autres services publics. Tous les politiciens de la bourgeoisie, de droite et de gauche, le doigt sur la couture du pantalon, soutiennent sans honte ce projet, LFI, le PCF et EELV compris. Le RN fait, lui, de la surenchère et réclame trois porte-avions… À l’inverse de ceux qui se réjouissent de la fabrication d’armes au nom de l’emploi ou du nationalisme, le secrétaire de la CGT de Saint-Nazaire, dont les chantiers navals vont construire le navire, a clairement dénoncé le projet en précisant que ces fonds seraient mieux utilisés pour restaurer les hôpitaux délabrés. Il a amplement raison !

Une enquête menée par plusieurs médias européens – dont Mediapart, Voxeurop, IrpiMedia et El País – révèle que près de 50 milliards d’euros d’épargne durable, destinés en théorie à la défense de l’environnement, ont été détournés de leur fonction originelle pour financer 104 entreprises d’armement, dont la moitié pour 27 sociétés européennes. Cerise sur le gâteau, l’armée israélienne a bénéficié d’une partie de ce pactole. Plusieurs banques tricolores – dont BNP Paribas, Crédit agricole, BPCE-Banque populaire, Caisse d’épargne et le Crédit mutuel – sont impliquées dans ce détournement. Ce sont les mêmes qui financent également des projets écocides liés aux énergies fossiles à travers le monde. Lorsqu’il s’agit de rentabilité financière, les institutions bancaires s’assoient allègrement sur leurs « grands principes ».

Lors d’une rencontre « visant à éclairer les grands enjeux contemporains » organisée par l’université d’Aix-Marseille, Rodophe Saadé, le PDG de CMA CGM, troisième opérateur mondial de porte-containers et grand patron de presse (BFMTV, La Provence, La Tribune, M6, Brut), s’est vu poser des questions incisives et dérangeantes par des étudiantes et étudiants qui assistaient au débat. Ce qui ne lui a pas plu. Il s’en est plaint à qui de droit. Résultat : les codirectrices de la licence Droit et Science politique de l’établissement ont adressé un courrier aux étudiants pour leur rappeler le rôle financier joué par ce mécène de l’université qu’il convient donc de ménager. À l’évidence, le droit à la parole et à la liberté d’expression ne sont pas au programme de cette licence.

Le préfet du Gard a autorisé Nestlé à poursuivre l’exploitation de deux forages (Romaine VI et Romaine VII) sur le site de Vergèze des sources Perrier malgré des contaminations fréquentes des eaux. Le même processus d’autorisation est en cours dans les Vosges, pour les eaux Contrex et Hépar. Cette autorisation est accordée pour une durée de 24 mois, sous réserve de mesures de surveillance renforcées. Le groupe suisse peut également avoir recours à des traitements de désinfection officiellement autorisés sous conditions par le ministère de la Santé depuis le 22 mai. Cela fait des années que la multinationale Nestlé Waters trimballe les autorités au sujet de ses eaux dites « minérales naturelles » mais qui sont trafiquées. À chaque fois qu’elle se fait prendre la main dans le sac, elle obtient un nouveau sursis, une dérogation ou se voit infliger une amende symbolique mais les pouvoirs publics la laissent continuer son activité, car ils brossent dans le sens du poil un trust qui réalise 24 milliards d’euros de chiffre d’affaires chaque année.