Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Selon la banque suisse UBS, il y aurait 60 millions de millionnaires (en dollars) dans le monde, un chiffre en augmentation. Un million de dollars, c’est 50 ans de travail au smic sans rien dépenser. Mais ce dont la banque est le plus fière, c’est que le nombre de milliardaires augmente aussi ! Ils sont 2 919 cette année, se partageant 15 800 milliards de dollars. Un record. Et des sommes difficiles à concevoir : un million de secondes représente 11 jours, tandis qu’un milliard de secondes, c’est… 32 ans !

Le 28 novembre, au moins 156 personnes sont mortes dans un incendie ayant ravagé des immeubles en rénovation à Hong Kong. Les autorités reconnaissent que certaines normes n’ont pas été respectées et ont arrêté 14 responsables. Elles restent pourtant silencieuses sur les échafaudages en bambou, largement utilisés pour réduire les coûts et qui ont contribué à l’incendie. Alors que la population exige des explications, l’État chinois répond par la répression en arrêtant un étudiant qui avait lancé une pétition réclamant que les responsables rendent des comptes.

Sarkozy a passé vingt jours en prison, dans des conditions privilégiées : pas de surpopulation carcérale, de cafards ni de rats… À peine sorti, il pond un petit pavé de 216 pages pour raconter ses états d’âme. L’éditeur Fayard, propriété de Bolloré, a concocté un plan com sur mesure. Il insiste notamment sur le coup de fil que le taulard aurait passé à Marine Le Pen pour défendre l’idée d’un « rassemblement » avec le RN. Vu les procès qui l’attendent encore, préparerait-il une grâce présidentielle par Bardella ? En tout cas, il aura été parmi les premiers à droite à faire sauter les digues avec le RN, suivi par Retailleau, Wauquiez, Ciotti et consorts.

3 000 ouvrières de l’usine Yilisheng à Shenzen en Chine sont en grève depuis le 4 décembre, contre une nouvelle organisation du travail imposée par le patron. Celui-ci prévoit de réduire le temps de travail… pour réduire leur salaire ! Celui-ci tomberait les 2000 yuans mensuels (240 euros). Impossible de vivre avec si peu à Shenzen ! Alors que Yilisheng délocalise une partie de sa production au Vietnam, l’objectif est de forcer les ouvrières à chercher du travail ailleurs, sans avoir à payer de plan de licenciement. Face à la dictature des patrons, l’arme des travailleurs c’est la grève, en Chine comme ailleurs !

Une enquête menée par des journalistes de Mediapart révèle que Bardella a touché 728 215 euros pour ses deux ouvrages. Et encore, les droits d’auteurs de son second livre ne sont pas encore tombés. Il a pu compter sur son copain, le milliardaire d’extrême droite Bolloré, propriétaire de Fayard, qui le publie. De CNews au Journal du dimanche, toute la « bollosphère » roule pour les fachos en publiant et donnant tribune à Zemmour, de Villiers, Mabrouk… ou Bardella, qui se remplit les poches au passage. Bardella et le RN sont du côté des riches et des patrons : la preuve par le compte bancaire.

Une « conférence sociale » – réunissant syndicats ouvriers, organisations patronales, économistes et responsables politiques – vient de s’ouvrir à Paris et devrait s’achever, en théorie, à la fin de l’été 2026. Au menu des travaux : le travail, l’emploi et les retraites. Mais la principale organisation patronale, le Medef, a décidé de bouder la première réunion. L’organisation patronale se dit en effet « contrariée » par les efforts demandés aux entreprises dans le projet de budget 2026 et affirme, dans le même temps, que les salariés abusent des ruptures conventionnelles et que les indemnités chômage sont trop généreuses. Des patrons rapaces dans toute leur splendeur. Mais on ne voit pas ce que font dans cette galère des organisations qui se réclament de la classe ouvrière.

Le parquet de Rennes a classé sans suite les violences commises par les gendarmes sur quatre personnes grièvement blessées lors d’une manifestation contre une « mégabassine » le 25 mars 2023. Le parquet a estimé que dans un cas le tir était conforme au règlement et dans les trois autres cas leurs auteurs n’avaient pu être identifiés. On peut supposer que l’enquête n’a pas dû être très poussée. Par contre, le même parquet a décidé d’ouvrir une information judiciaire limitée cette fois aux tirs tendus de grenades révélés par les caméras-piétons portés par les gendarmes plus de deux ans après les faits, des images qui avaient tourné en boucle sur les réseaux sociaux où l’on entend des gendarmes s’encourager mutuellement à faire des blessés. Mais vu l’indulgence des juges à leur égard, ils n’ont pas grand-chose à craindre.

Après plus d’un mois et demi d’auditions la commission d’enquête parlementaire sur « les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste » n’a toujours pas réussi à mettre en évidence le moindre de ces liens. Et pour cause, il n’existe que dans l’imagination maladive des réacs de tout poil. Cette commission, instrumentalisée par la droite et l’extrême droite, n’est là que pour alimenter la propagande anti-islamiste. C’est qu’a souligné lors de son audition Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes, qui a déclaré : « La moitié de vos remarques n’avaient pas grand-chose à voir avec l’entrisme islamiste » et de poursuivre : « Aller prier, porter un voile, manger halal ne menace pas la République. Ce qui menace la République, ce sont des organisations religieuses ou idéologiques structurées, diffusant la haine et cherchant à imposer des normes contraires aux droits et aux libertés publiques, y compris des organisations catholiques, comme l’a montré l’exemple de l’association d’extrême droite intégriste Civitas. » Il est probable que nombre de membres de la commission se sont sentis visés par cette remarque qui s’applique aussi comme un gant au Rassemblement national, aux Républicains ou encore à l’Union des droites de Ciotti.

Le gendarme de l’audiovisuel, l’Arcom, a adressé une nouvelle mise en garde à la chaîne d’info CNews pour des « préjugés sexistes » lors d’un débat animé le 3 avril dernier par Pascal Praud sur l’introduction de la notion de consentement dans la définition pénale du viol. Praud et ses invités avaient « discuté de l’existence de plaintes déposées par des femmes motivées par un “regret”, une “haine des hommes” et un “sentiment de revanche” ». Des propos lourdement sexistes dont Praud est un habitué à côté de ses remarques racistes, xénophobes ou homophobes. Mais ce ne sont pas les mises en garde, voire les amendes, de l’Arcom qui empêcheront la chaîne Bolloré de continuer à déverser son venin.