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Brèves

L’actualité en bref

Plus de sept ans après les faits, un fonctionnaire de police va être comparaître devant une cour criminelle pour « violences ayant entraîné une infirmité permanente ». Le 26 janvier 209, lors d’une manifestation de Gilets jaunes à Paris, il avait éborgné d’un tir de grenade Jérôme Rodrigues qui a perdu un œil. Depuis des années, ce dernier se battait pour que son agresseur soit traduit en justice. Le policier, membre d’une compagnie de sécurité intérieure au moment des faits, avait été mis en examen en février 2021 et est toujours en fonction sans avoir fait l’objet de la moindre sanction administrative. Il avait déposé un recours en justice pour contester son procès, estimant qu’il était « en état de légitime défense », puisqu’il aurait tiré cette grenade de désencerclement en direction « de personnes qui portaient atteinte à l’intégrité physique des policiers ». Mais ce recours a été rejeté par la chambre de l’instruction, les deux juges ayant estimé que « le groupe au sein duquel évoluait Jérôme Rodrigues n’était pas violent ». Ce dernier s’est déclaré satisfait de la tenue prochaine de ce procès en regrettant toutefois qu’aucun des donneurs d’ordre ne soit sur le banc des accusés. Il ne faut pas rêver…

Le groupe Patriotes pour l’Europe, que préside à Bruxelles le dirigeant du Rassemblement national Jordan Bardella, a organisé au Parlement européen un colloque sur le thème de « la liberté d’expression ». Parmi les invités on comptait le nouveau président chilien nostalgique de Pinochet, José Antonio Kast, des influenceurs anti-avortement, et des pontes de The Heritage Foundation, le groupe de réflexion américain à l’origine du programme de Donald Trump. À l’ordre du jour : faire connaître les positions conservatrices sur des sujets comme l’avortement et la régulation des médias. Avec de tels amis, la liberté d’expression n’a pas besoin d’ennemis.

Au nom de l’austérité budgétaire, le gouvernement veut rayer de la carte l’Institut national de la consommation et son magazine 60 millions de consommateurs, ce dernier étant cédé au secteur privé. Depuis 1966 l’Institut a joué un rôle non négligeable dans l’information et la protection du public, mais aussi de conseil et de référence pour nombre d’associations et de collectivités. Sa liquidation constitue une atteinte portée au droit à l’information. Lundi dernier à Malakoff (Hauts-de-Seine) a eu lieu un rassemblement de protestation à l’appel des syndicats et d’élus devant le siège de l’Institut.

La Fondation pour le logement des défavorisés vient de présenter son rapport annuel. « L’année 2025 a encore été une année noire pour le logement », résume la Fondation qui note une augmentation du nombre des expulsions et des personnes sans domicile. Plus d’un million de personnes sont sans domicile personnel, « qu’elles vivent à la rue, dans un squat ou un bidonville, en hébergement d’urgence ou accueillies chez un tiers ». Parmi elles, 350 000 se trouvent sans domicile fixe selon ses estimations, identiques à celles de 2024. Mais un chiffre en hausse par rapport à 2023 (330 000) et qui a plus que doublé en quinze ans (143 000 en 2012). En outre 912 personnes sont mortes dans la rue, une augmentation de 16 % en un an, dont 31 enfants de moins de quatre ans. Quant à la demande de logement social, elle « n’a jamais été aussi élevée », avec plus de 2,8 millions de demandeurs en attente. Elle juge enfin avec sévérité le bilan d’Emmanuel Macron à l’Élysée : « L’austérité sert en effet de fil rouge depuis 2017 pour le logement, en particulier pour la politique en direction des personnes défavorisées. » Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, qui devait être présent à cette présentation et répondre à des questions, s’est fait porter pâle. Il faut dire que son bilan n’est pas brillant.

Israël a rouvert le passage de Rafah entre l’Égypte et Gaza mais dans des conditions drastiques : 50 personnes et six heures d’ouverture par jour. Pour l’instant, pas question de laisser passer l’aide humanitaire internationale. Il est probable que parmi les 22 000 blessés et malades gazaouis qui ont besoin d’une évacuation d’urgence, un grand nombre mourront avant d’avoir pu passer le poste-frontière et aller se faire soigner à l’étranger. L’humanisme sioniste a ses limites…

1 141 dirigeants de grandes entreprises (Engie, Michelin, Air France, Bouygues, Sanofi…) ont signé une tribune du vice-président de la Commission européenne, Stéphane Séjourné, en faveur de la « préférence européenne » dans les aides et les marchés publics. Elle est parue dans Les Échos en France, Handelsblatt en Allemagne, El Mundo en Espagne et Corriere della Sera en Italie. Cette préférence européenne reposerait sur un principe : « Chaque fois que l’argent public européen est utilisé, celui-ci doit contribuer à la production et aux emplois européens de qualité. » Et de préciser : « Qu’il s’agisse d’un marché public, d’une aide d’État ou de toute autre forme de soutien financier, l’entreprise bénéficiaire devra produire une partie substantielle de sa production sur le sol européen. » Ces patrons sont des partisans acharnés d’un libre-échange débridé lorsque cela les arrange mais d’un protectionnisme européen et national dans tous les autres cas. Et la « préférence européenne » ne les empêchera nullement, en cas de besoin, de licencier à tour de bras leurs salariés européens… comme les autres. Européen ou pas, un patron reste un patron.

Capgemini, le géant tricolore des services informatiques, était au centre d’une polémique après la révélation, par la presse, d’un contrat dans lequel il a notamment fourni à l’ICE, la sinistre police trumpiste de l’immigration, un outil d’identification et de localisation de personnes étrangères. Pour calmer les choses Capdemini a donc décidé de se séparer de sa filiale américaine, Capgemini Government Solutions, et de la mettre en vente. Et il l’a fait largement savoir. Un sacrifice tout relatif puisque ladite filiale ne représente que 0,4 % du chiffre d’affaires estimé du groupe en 2025 et 2 % de ses ventes aux États-Unis. Dans le même temps, Capgemini, présent dans une cinquantaine de pays, continue de vendre ses logiciels d’identification à des dizaines d’armées, de polices et de forces de répression à travers le monde. La morale s’arrête où les affaires commencent.

Métros, bus et tramways étaient à l’arrêt dans de nombreuses villes, en raison de l’appel à la grève lancé par le syndicat des services Ver.di pour réclamer des hausses de salaire et de meilleures conditions de travail tandis que les trains continuaient de circuler. Au total, près de 100 000 salariés dans 150 entreprises municipales de transport urbain et d’autobus étaient concernés par le mouvement. Les revendications portent notamment sur la réduction du temps de travail hebdomadaire, l’allongement des temps de repos et des primes plus avantageuses la nuit et le week-end. Dans quelques Länder, il est aussi question d’augmenter les salaires, en moyenne autour de 10 %. Des manifestations ont également eu lieu à Hambourg (nord) et à Sarrebrück (sud-ouest). Depuis novembre, des discussions se tiennent entre représentants syndicaux et ceux des entreprises municipales de transport public, mais jusqu’à présent elles n’ont pas abouti.

Un collectif d’anciens élèves d’établissements du réseau catholique des Lasalliens s’est constitué pour dénoncer des violences commises entre 1955 et 1985 dans une vingtaine d’établissements par des membres de la congrégation. Cette congrégation, appelée également Frères des écoles chrétiennes, gère près de 150 établissements privés sous contrat avec l’État dans tout le pays. Les membres du collectif, essentiellement âgés de 50 à 70 ans, révèlent des faits qui sont aujourd’hui prescrits. Ils dénoncent des « violences physiques », « brimades, humiliations », et pour une « grande partie » d’entre eux, des faits « d’attouchements, d’agressions sexuelles et de viols », commis par des religieux ou des enseignants laïques, la plupart décédés. Une situation couverte par l’Église alors que les pouvoirs publics, supposés contrôler ces établissements, regardaient ailleurs. Et des scandales beaucoup plus récents montrent que la question n’est toujours pas réglée. Le collectif réclame aujourd’hui que l’institution reconnaisse sa responsabilité dans des violences qu’il juge « systémiques » et qu’elle crée un fonds de réparation de 100 millions d’euros pour indemniser les victimes. On peut toujours rêver.