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Brèves

L’actualité en bref

Une enquête menée par des journalistes de Mediapart révèle que Bardella a touché 728 215 euros pour ses deux ouvrages. Et encore, les droits d’auteurs de son second livre ne sont pas encore tombés. Il a pu compter sur son copain, le milliardaire d’extrême droite Bolloré, propriétaire de Fayard, qui le publie. De CNews au Journal du dimanche, toute la « bollosphère » roule pour les fachos en publiant et donnant tribune à Zemmour, de Villiers, Mabrouk… ou Bardella, qui se remplit les poches au passage. Bardella et le RN sont du côté des riches et des patrons : la preuve par le compte bancaire.

Une « conférence sociale » – réunissant syndicats ouvriers, organisations patronales, économistes et responsables politiques – vient de s’ouvrir à Paris et devrait s’achever, en théorie, à la fin de l’été 2026. Au menu des travaux : le travail, l’emploi et les retraites. Mais la principale organisation patronale, le Medef, a décidé de bouder la première réunion. L’organisation patronale se dit en effet « contrariée » par les efforts demandés aux entreprises dans le projet de budget 2026 et affirme, dans le même temps, que les salariés abusent des ruptures conventionnelles et que les indemnités chômage sont trop généreuses. Des patrons rapaces dans toute leur splendeur. Mais on ne voit pas ce que font dans cette galère des organisations qui se réclament de la classe ouvrière.

Le parquet de Rennes a classé sans suite les violences commises par les gendarmes sur quatre personnes grièvement blessées lors d’une manifestation contre une « mégabassine » le 25 mars 2023. Le parquet a estimé que dans un cas le tir était conforme au règlement et dans les trois autres cas leurs auteurs n’avaient pu être identifiés. On peut supposer que l’enquête n’a pas dû être très poussée. Par contre, le même parquet a décidé d’ouvrir une information judiciaire limitée cette fois aux tirs tendus de grenades révélés par les caméras-piétons portés par les gendarmes plus de deux ans après les faits, des images qui avaient tourné en boucle sur les réseaux sociaux où l’on entend des gendarmes s’encourager mutuellement à faire des blessés. Mais vu l’indulgence des juges à leur égard, ils n’ont pas grand-chose à craindre.

Après plus d’un mois et demi d’auditions la commission d’enquête parlementaire sur « les liens existants entre les représentants de mouvements politiques et des organisations et réseaux soutenant l’action terroriste ou propageant l’idéologie islamiste » n’a toujours pas réussi à mettre en évidence le moindre de ces liens. Et pour cause, il n’existe que dans l’imagination maladive des réacs de tout poil. Cette commission, instrumentalisée par la droite et l’extrême droite, n’est là que pour alimenter la propagande anti-islamiste. C’est qu’a souligné lors de son audition Marine Tondelier, la secrétaire nationale des Écologistes, qui a déclaré : « La moitié de vos remarques n’avaient pas grand-chose à voir avec l’entrisme islamiste » et de poursuivre : « Aller prier, porter un voile, manger halal ne menace pas la République. Ce qui menace la République, ce sont des organisations religieuses ou idéologiques structurées, diffusant la haine et cherchant à imposer des normes contraires aux droits et aux libertés publiques, y compris des organisations catholiques, comme l’a montré l’exemple de l’association d’extrême droite intégriste Civitas. » Il est probable que nombre de membres de la commission se sont sentis visés par cette remarque qui s’applique aussi comme un gant au Rassemblement national, aux Républicains ou encore à l’Union des droites de Ciotti.

Le gendarme de l’audiovisuel, l’Arcom, a adressé une nouvelle mise en garde à la chaîne d’info CNews pour des « préjugés sexistes » lors d’un débat animé le 3 avril dernier par Pascal Praud sur l’introduction de la notion de consentement dans la définition pénale du viol. Praud et ses invités avaient « discuté de l’existence de plaintes déposées par des femmes motivées par un “regret”, une “haine des hommes” et un “sentiment de revanche” ». Des propos lourdement sexistes dont Praud est un habitué à côté de ses remarques racistes, xénophobes ou homophobes. Mais ce ne sont pas les mises en garde, voire les amendes, de l’Arcom qui empêcheront la chaîne Bolloré de continuer à déverser son venin.

L’Union européenne a infligé une amende de 120 millions d’euros à X, le réseau social d’Elon Musk. Cette sanction est la première prononcée dans le cadre du règlement sur les services numériques, adopté il y a deux ans pour lutter contre les contenus illégaux et dangereux en ligne. X est notamment accusé de manque de transparence dans le registre des publicités et dénoncé pour son refus de donner d’accès aux données publiques pour les enquêteurs. Une amende finalement très modeste rapportée au chiffre d’affaires annuel de X (évalué à 4 milliards de dollars – 3,4 milliards d’euros) et surtout à la fortune d’Elon Musk, toujours l’homme le plus riche du monde, qui a dépassé en décembre dernier 400 milliards de dollars (344 milliards d’euros). Le vice-président américain, J.D. Vance, a critiqué cette mesure, estimant qu’elle portait atteinte à la liberté d’expression. Liberté d’expression que Vance et son patron, Trump, ne cessent de mettre à mal depuis le retour de ce dernier à la Maison-Blanche.

La contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, alerte sur le « quasi-abandon » des enfants hospitalisés en psychiatrie, tant du point de vue médical que scolaire. Elle pointe les conditions de travail d’équipes « insuffisamment formées, surchargées ou désemparées », du fait d’une « grave crise de la pédopsychiatrie » et souligne que les enfants se retrouvent souvent pris en charge selon des modalités « nullement justifiées par leur état clinique », comme l’isolement ou la contention, ce terme désignant l’utilisation de dispositifs ou de techniques pour immobiliser tout ou partie du corps. La situation est telle que la contrôleure qualifie une hospitalisation de « quasi-abandon ». Alors que plus de 50 000 enfants âgés de 4 à 17 ans sont hospitalisés en psychiatrie, les soignants ne sont « pas en mesure, faute de moyens, de les surveiller et de les protéger des adultes ». Cet exemple illustre, une fois de plus, le délabrement de l’hôpital public dans un pays où 1,6 million d’enfants et d’adolescents souffrent de troubles psychiques mais où seuls 750 000 à 850 000 bénéficient de soins prodigués par des professionnels spécialisés.

En matière de pollution de l’eau les inquiétudes des associations environnementales viennent d’être confirmées par un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Cette dernière a analysé près de 1 300 prélèvements d’eau dont 647 échantillons d’eau brute (cours d’eau, mares, lacs, eaux souterraines, puits, etc.) et 627 d’eau du robinet, sur tout le territoire, en métropole et outre-mer. Résultat : 92 % contiennent des traces d’acide trifluoroacétique (TFA), un polluant éternel soupçonné d’être toxique pour la santé. Mais les responsables industriels et agricoles de cette pollution continuent allègrement de sévir alors que les autorités laissent faire. Encore un domaine où les pollueurs sont rarement les payeurs.

Il y a deux semaines, lors d’une rencontre avec les lecteurs de La Voix du Nord, Emmanuel Macron avait évoqué l’idée une « labellisation faite par des professionnels », destinée à distinguer les médias respectant les règles déontologiques des autres… Vaste programme. Il a aussitôt été attaqué par les médias du groupe Bolloré (CNews, Le Journal du dimanche, Europe 1…) par la droite et l’extrême droite qui l’accusent de « dérive autoritaire », voire « totalitaire » et de vouloir mettre la presse au pas. Cela est assez amusant venant de la part de médias qui déversent à longueur de journée une idéologie autoritaire et totalitaire à l’égard des migrants, des musulmans, des jeunes des banlieues, des travailleurs et des étudiants en lutte, etc. Cela dit, Macron est, encore une fois, à côté de la plaque. Car comment faire respecter des règles déontologiques alors que dans ce pays un petit groupe de milliardaires (Bolloré, Drahi, Arnault, Saadé, Niel, Cox, Pigasse, Kretinsky…) détiennent plus de 80 % des médias ? Mission impossible car tous ces médias, qu’ils se réclament de la droite, de la gauche ou se veulent « apolitiques », soutiennent chacun à leur façon cette société de classe, exploiteuse et inégalitaire. Où est la déontologie dans tout cela ?