Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le groupe Auchan, propriété de la famille Mulliez, a annoncé vouloir faire passer sous enseignes Intermarché ou Netto 300 de ses supermarchés. Quelque 11 000 salariés sont concernés. Les syndicats s’inquiètent, à juste raison, du fait que ces opérations se traduisent par des suppressions d’emplois, et des salaires et autres droits revus à la baisse. Ils pointent du doigt que, pour sauver leurs profits, les Mulliez avaient déjà annoncé l’an dernier un plan social avec à la clé la suppression de 2 400 emplois et que le passage des salariés sous enseigne Intermarché risque de leur faire perdre entre 2 000 et 2 500 euros par an. Aux travailleurs d’Auchan de se mobiliser pour refuser tout licenciement et obtenir le maintien de leurs acquis sociaux.

Pour la deuxième fois Nicolas Sarkozy écope d’une condamnation pénale définitive d’un an d’emprisonnement dont six mois ferme. En effet, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de l’ancien président dans l’affaire Bygmalion de financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012. À l’aide de fausses factures, il avait dépassé de plus de 20 millions d’euros le maximum autorisé. En décembre 2024, la Cour de cassation avait déjà rendu définitive sa condamnation à un an d’emprisonnement ferme sous bracelet électronique pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire des écoutes, également appelée affaire Bismuth. Nicolas Sarkozy devient donc le premier ex-chef de l’État multi-condamné de l’histoire. Et, jamais deux sans trois, il attend toujours le jugement définitif de la Cour de cassation dans une troisième affaire, celle des financements libyens dans une autre campagne électorale. Preuve que la fonction présidentielle n’empêche pas d’être un voyou.

Depuis un mois, le service téléphonique d’urgence, le 115, a arrêté l’aide alimentaire fournie via des chèques alimentaires aux familles de réfugiés de la région rémoise. En tout 200 personnes sont concernées. La préfecture évoque des restrictions budgétaires des services de l’État pour expliquer cette mesure. Elle s’est justifiée en affirmant « s’aligner en cela sur les usages déjà en cours dans la plupart des départements ». Comme l’a déclaré l’un des réfugiés concernés : « Je ne comprends pas pourquoi économiser sur des gens qui n’ont déjà rien. On a déjà tout abandonné pour venir ici et on nous demande d’abandonner notre nourriture. » L’aide en question est pourtant des plus modestes puisqu’elle s’élevait à quatre euros par jour et par personne. Encore une fois, sous prétexte d’économies, l’État tape sur les plus pauvres.

Emmanuel Macron se rendra jeudi sur un site de l’armée de terre à Varces (Isère), afin d’annoncer un « nouveau cadre pour servir au sein de nos armées ». Bref un moyen de réintroduire par la bande le service militaire qui sera, dans un premier temps sans doute, volontaire avant de devenir, à terme et à coup sûr, obligatoire. Une initiative bien accueillie à droite et à l’extrême droite mais aussi à gauche. Après le ralliement de Raphaël Glucksmann, de Place publique, c’est le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui s’est dit « pas totalement opposé » à un tel type de service militaire ajoutant que « c’est un élément de la dissuasion » face à la menace extérieure. De son côté Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, affirme que « la défense nationale et la souveraineté de la France doivent être garanties ». Quant à la France insoumise elle défend une conscription citoyenne obligatoire de neuf mois, payée au Smic, entre 18 et 25 ans. Encore une fois il ne faudra donc pas compter sur la gauche pour s’opposer résolument à la guerre qui vient. La population laborieuse ne pourra compter que sur elle-même. À bas le service militaire, facultatif ou obligatoire.

La Cour de justice de l’Union européenne vient de rappeler à la Pologne que tous les pays membres sont tenus de reconnaître le mariage de deux citoyens de même sexe conclu dans un autre État. La Cour avait été saisie par deux Polonais, mariés en Allemagne en 2018, et dont la demande de transfert de leur acte de mariage allemand vers l’état civil polonais avait été rejetée au motif que la loi nationale ne reconnaît pas le mariage entre personnes de même sexe. La Pologne avait déjà été rappelée à l’ordre par l’UE sur plusieurs sujets concernant les droits LGBT+. Au début de l’année 2025, le pays avait par exemple fini par fermer sa dernière zone « anti-LGBT », après des années de polémiques. Créées à partir de 2019, ces zones couvraient un tiers du pays et visaient à exclure les personnes homosexuelles de l’espace public. L’ONG polonaise Campagne contre l’homophobie a cependant salué une décision « très positive ». On estime à environ 30 000 à 40 000 le nombre de tels mariages conclus par des Polonais à l’étranger. Le combat continue…

Les 29 détenus du centre de rétention administrative (CRA) d’Hendaye se sont révoltés ce week-end contre leurs conditions d’enfermement. Ils ont jeté sur les policiers qui les gardent des détritus, ont obstrué des caméras de surveillance et provoqué différentes dégradations avant de se confronter aux forces de l’ordre appelées en renfort pour les mater. Suite à ce mouvement, l’antenne locale de l’ONG La Cimade a rappelé que ce centre – où sont regroupés principalement des Algériens en attente d’être expulsés du territoire – connait des durées de rétention supérieures à la moyenne nationale et que certaines personnes qui y sont enfermées souffrent de pathologies psychiatriques dont la prise en charge n’est pas assurée. Ce qui n’est pas une surprise. Depuis leur création en 2017 près de 50 000 personnes ont été « retenues » dans les 25 CRA que compte le pays et les associations d’entraide ne cessent de protester contre les conditions de vie et la violation des droits des personnes concernées.

Le nouveau président de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, avait déclaré sous les applaudissements lors de son élection au congrès de son organisation, la semaine dernière dans le Gers : « les écolos, la décroissance, veulent nous crever, nous devons leur faire la peau. » Suite à cette menace, 23 signalements, émanant essentiellement d’élus écologistes, ont été envoyés à la procureure de la République d’Auch qui a ouvert une enquête pour « provocation publique non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ». Ce type de propos incendiaires est récurrent au sein de la Coordination rurale, syndicat agricole classé à l’extrême droite, qui s’est fait une spécialité de détourner la colère des agriculteurs, et notamment des paysans travailleurs, non vers l’agrobusiness ou les gros agriculteurs qui les exploitent et les oppriment, mais vers les écologistes et tous les défenseurs de la nature et de l’environnement.

Les violences conjugales ne se résument pas aux coups, aux insultes et aux menaces. Elles revêtent parfois une forme plus insidieuse, moins visible pour l’entourage mais tout aussi brutale pour celles qui en sont victimes : détournement du salaire, vol, utilisation frauduleuse de la carte bancaire, contrôle du compte bancaire… Il s’agit alors de violences économiques. Selon un récent sondage Ifop réalisé pour la Fédération nationale solidarité femmes et le Crédit mutuel, 24 % des femmes interrogées les ont déjà vécues au sein de leur couple. Elles sont particulièrement prégnantes chez les jeunes : 37 % des femmes de 18-35 ans qui ont déjà été en couple y ont été confrontées. Dans le détail, 10 % des femmes ont déjà été victimes d’un détournement de l’argent dédié à la vie du ménage ou au soin des enfants et 12 % ont déjà subi un contrôle de leurs finances par leur conjoint. Ce qui fait dire à Mine Günbay, directrice de la Fédération nationale solidarité femmes que ces violences économiques au sein du couple participent à « un rapport de domination » et instaurent « une dépendance économique des femmes à leur partenaire ». Une domination et une dépendance soigneusement entretenues par la société bourgeoisie.

La start-up Forgis, spécialisée dans l’intelligence industrielle, a suscité quelques remous dans le pays en publiant une offre d’emploi exigeant de ses futurs salariés de travailler entre 80 et 100 heures par semaine. Cela représente des journées de plus de 14 heures sans aucun repos hebdomadaire. Pour cet horaire, contraire à la législation locale du travail qui prévoit une semaine légale du travail de 50 heures, Forgis propose un salaire annuel d’environ 70 000 francs suisses (75 000 euros), en dessous du salaire médian helvétique situé entre 78 000 et 80 000 francs par an. « On ne croit pas à l’équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle » assume l’annonce qui aurait pu ajouter « mais on croit à l’esclavage salarié ».