Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Face au mécontentement croissant d’une partie des ménages qui se plaignent de la hausse des prix, notamment ceux de l’alimentation (+3,1 % sur un an dont 15,5 % sur le bœuf haché), Donald Trump a sorti l’artillerie lourde. En l’occurrence Brooke Rollins, sa secrétaire à l’Agriculture, qui sans complexe a affirmé sur les réseaux sociaux et dans le média en ligne The Hill qu’il était possible de manger un repas sain et équilibré pour « environ 3 dollars » (2,60 euros). Sa recette : un morceau de poulet, du brocoli, une tortilla de maïs et un autre ingrédient. Et de conclure triomphalement : « La nourriture saine et abordable est à la portée de tous les Américains. » Mais, bien évidemment, ce déjeuner ultra-frugal n’est jamais servi à la Maison-Blanche. Et pour cause. Comme l’a fort bien résumé un internaute : « Des jets privés et des avantages fiscaux pour eux et leurs amis riches, et un morceau de brocoli *ET* une tortilla pour nous ! »

Après Rachida Dati pour LR et Thierry Mariani, candidat RN et UDR (le parti d’Éric Ciotti), on pensait avoir notre dose. Que nenni, on a appris mercredi la candidature de Sarah Knafo, députée de Reconquête le parti d’Éric Zemmour, qui reproche à Le Pen ses tendances « de gauche ». Invitée le même jour sur TF1 (qui a vu ses audiences tomber au sol, un premier sondage réussi !), elle déclarait que Dati et Mariani n’étaient pas ses adversaires. Un point pour elle : les adversaires communs de tous ces politiciens ce sont les classes populaires, à qui ils déclarent une vraie guerre sociale. En promettant de réduire la dette, ils préparent de nouvelles coupes dans les services publics, dans les aides sociales et les services d’urgence. La lutte contre l’insécurité qu’ils promeuvent n’aidera pas les familles qui ont du mal à se loger ou à se nourrir correctement, bien au contraire. Leur camp c’est celui de la bourgeoisie, le nôtre celui des travailleurs et des classes populaires. Rejoins les comités de campagne du NPA-R pour nous aider à porter les perspectives ouvrières et révolutionnaires !

Avec l’épisode neigeux de début janvier, des employeurs, notamment des employeurs publics comme la RATP ou la Poste, ont voulu tirer profit de la situation en volant des jours de congés aux travailleurs, ces conducteurs de bus ou facteurs qui ne pouvaient ni circuler ni distribuer courrier et colis, certains n’ayant pas pu se rendre au travail tout court. Par exemple, la direction de la Poste – qui supprime des milliers d’emplois tous les ans et pressure les postiers qui restent, la plupart payés au smic – n’a rien trouvé de mieux que de leur dire « Tu vas devoir poser un congé annuel » ou bien « tu vas devoir nous rendre les heures où tu n’as pas distribué le courrier ». Mesquinerie d’autant plus choquante que la même semaine, on apprenait par la presse que la nouvelle PDG de la Poste recevra 450 000 euros à la fin de son mandat en 2030, et même 900 000 euros de parachute doré si elle quitte ses fonctions avant, tout ça voté gentiment par le conseil d’administration.

Depuis huit ans maintenant, à l’occasion de « la nuit de la solidarité », la ville de Paris se targue de faire acte de solidarité là où tous les droits sont bafoués. Celui d’avoir un toit, de ne pas avoir froid, de bénéficier d’un accompagnement adapté aux besoins. Jeudi 22 janvier de 19 heures à 1 heure du matin, Paris sera quadrillée de bénévoles pour décompter le nombre de personnes à la rue.
L’année 2025 a comptabilisé 3 507 personnes à la rue, on a pourtant vu les structures éphémères fermer et les associations supprimer des postes. Le nombre de bénévoles mobilisés ce soir-là donne une idée du nombre de personnes que la collectivité devrait déployer chaque nuit dans Paris pour répondre aux besoins quotidiens des personnes sans abri.

Ce soir-là, les invisibles des rues parisiennes verront cafés chauds et bénévoles, élus et caméras. Mais jusqu’à une heure du matin seulement, ensuite retour à la case départ et à la souffrance de la misère au quotidien.

Avec 300 millions de coupes budgétaires en 2025 à la ville de Paris, les conditions de travail et le service rendu aux Parisiens se dégradent toujours plus. Pour le budget 2026, la mairie prévoyait la suppression de postes dans l’animation mais a dû reculer face a une grève d’ampleur des employés en fin d’année. Des suppressions de postes sont tout de même à prévoir, sauf pour la police municipale, avec la création de 400 postes ! C’est certes loin du doublement des effectifs revendiqué par Rachida Dati. Mais quand les écoles, les services sociaux et de santé sont dans une galère sans nom, on voit bien comment la mairie d’alliance de gauche compte mener, si elle est réélue, la gestion municipale : la répression plutôt que la solidarité…

François Grosdidier, maire de Metz (Moselle), n’est vraiment pas content du centre commercial Saint-Jacques. De nouveau, le groupe SGM (Société des grands magasins) responsable du Saint-Jacques, mais aussi des BHV parisiens et des Galeries Lafayette de plusieurs grandes villes françaises, n’a tout simplement pas payé les agents de sécurité pour leurs services depuis le mois de décembre. Le slogan de la société « La vi(ll)e au centre » pourrait tout autant être « L’avarice au centre » ! Par conséquent les agents se sont mis en grève, provoquant la fermeture totale du centre jeudi 15 janvier. F. Grosdidier a fait mine de s’émouvoir, s’affirmant stupéfait de la situation. Un tel choc pourrait motiver l’édile à augmenter les salaires des agents de la municipalité, dans les écoles ou l’entretien, au lieu de débourser 5,5 millions d’euros pour un aménagement urbain décoratif, la Serpentine, dans le centre-ville. Cependant une telle politique contreviendrait à l’amour du profit de Grosdidier, qu’il partage avec la société SGM. Total soutien aux grévistes pour la victoire de leur lutte !

Matthias Renault, député Rassemblement national de la Somme, avait déposé un amendement devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale tendant à réduire de 3,2 milliards d’euros les subventions au secteur associatif visant notamment les « structures idéologiques et militantes » qui s’acoquinent avec la gauche ou l’extrême gauche. Et pour illustrer son propos, il avait pris pour cible l’association TransMusicales, qui organise une manifestation de musique à Rennes qui, selon Renault, était connue pour être « un festival de musique d’artistes transgenres ». Manque de chance pour lui, le festival en question, qui existe depuis 1979, tire son nom d’un disque de free-jazz sorti en 1978 et n’a rien à voir avec la cause LGBT+. Devant le ridicule de la situation, il a retiré son amendement. Signalons à tout hasard à cet ignare que la Transnistrie est un État peuplé de personnes de tous les genres, que dans le Nouveau Testament la Transfiguration de Jésus est un événement où il révèle sa nature divine à ses disciples et non son coming out pour annoncer qu’il change de genre, et que le Transsibérien est un train de luxe proposant des itinéraires en Russie et Asie Centrale aux hommes, aux femmes, aux enfants, aux bi, aux personnes trans, etc. Mais à sa décharge, il faut reconnaitre que la transphobie crasse de ce monsieur ne prédispose pas à la culture et à l’intelligence…

La cour d’appel de Paris vient d’accorder des dommages et intérêts de plus de 900 000 euros à une ex-salariée du Crédit suisse pour avoir été discriminée par son employeur en raison « de son genre, de sa grossesse et de sa qualité de mère ». Le jugement reconnaît aussi l’existence d’une « discrimination sexuelle structurelle » dans l’entreprise… qui est loin d’être la seule dans ce cas. On peut espérer que le montant record de l’amende aura un effet dissuasif sur les autres patrons. Sans trop y croire…

Une cinquantaine de militants de la Confédération paysanne ont été placés en garde à vue après avoir brièvement occupé une annexe du ministère de l’Agriculture en déployant une banderole affirmant : « L’agriculture, on veut en vivre, pas en mourir ». La veille le gouvernement avait non seulement autorisé 350 tracteurs de la FNSEA à défiler dans Paris mais, de plus, certains de ses dirigeants avaient été fort courtoisement reçus par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, et le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Ce « deux poids, deux mesures » n’est pas étonnant. Alors que la Confédération paysanne défend les paysans travailleurs qui n’exploitent personne, la FNSEA est le relais reconnu et assumé de l’agrobusiness, des gros agriculteurs et des grandes coopératives auprès des pouvoirs publics. Dans le passé plusieurs ministres de l’Agriculture de droite sont sortis de ses rangs. Une proximité qui ne s’est jamais démentie.