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Brèves

L’actualité en bref

Une ONG allemande, le Centre européen pour les droits constitutionnels et humains, a déposé une plainte à Paris contre TotalEnergies pour « complicité de crimes de guerre, torture et disparitions forcées » au Mozambique. Elle accuse le groupe d’avoir financé et soutenu matériellement une unité de l’armée mozambicaine qui aurait détenu, torturé et tué des dizaines de civils entre juillet et septembre 2021, près du site du projet gazier Mozambique LNG, dont TotalEnergies est l’opérateur. La plainte, également formulée « contre X », a été transmise au parquet national antiterroriste à Paris – compétent pour les crimes de guerre. TotalEnergies nie avoir été au courant de telles exactions. Ce qui ne convainc pas l’ONG qui rappelle que ces atrocités étaient mentionnées dans des documents internes à l’entreprise. Un aspect peu reluisant de la Françafrique.

Le quotidien économique La Tribune parle de « contrat du siècle » dans le domaine des camions militaires. En effet le fabricant tricolore de blindés Arquus a remporté, en partenariat avec l’allemand Daimler, un contrat de 5 milliards d’euros pour fabriquer 7 000 véhicules destinés à l’armée française. Cette décision est fortement contestée par Scania et Renault Trucks, furieux de voir cette manne filer vers des concurrents. Mais, quelle que soit la décision finale d’attribution, qui appartient à la ministre des Armées, Catherine Vautrin, l’industrie de l’armement bénéfice toujours d’ « un pognon de dingue » comme dirait Macron. Ce n’est pas le cas des écoles et des hôpitaux.

Alors que des colons israéliens perpétuaient de nouvelles attaques en Cisjordanie, cette fois contre le village palestinien de Jaaba, près de Bethléem, Netanyahou a promis d’agir contre les violences de ces « extrémistes ». Défense de rire. Alors que le gouvernement israélien n’a cessé d’encourager l’implantation de nouvelles colonies juives, qu’il a fait expulser par la force de leurs terres des dizaines de milliers de Palestiniens, qu’il a encouragé la destruction de villages et de fermes, le saccage des récoltes et l’abattage du bétail, il veut faire croire que toutes ces violences ne seraient dues qu’à quelques « extrémistes ». Mais, pour éviter toute confusion, le ministre de la Défense, Israël Katz, a aussitôt déclaré que le maintien de l’ordre public n’empêcherait pas Israël de « développer et d’agrandir les colonies ». Une des premières décisions prise par Katz après sa nomination, en novembre 2024, avait été de supprimer la détention administrative, équivalent d’une garde à vue quasi illimitée, pour les colons juifs en Cisjordanie. Mais le dispositif reste en vigueur en revanche pour les Palestiniens. Vous avez dit apartheid ?

Les locaux de McKinsey ont été de nouveau perquisitionnés dans le cadre de l’enquête pénale concernant les conditions d’intervention de ce cabinet de conseil dans les campagnes électorales d’Emmanuel Macron. L’affaire était partie d’une commission d’enquête parlementaire qui avait qualifié, en 2022, de « phénomène tentaculaire » les missions confiées aux cabinets privés par l’État, dont McKinsey, depuis l’arrivée au pouvoir de Macron en 2017. Le parquet national financier avait d’abord ouvert, le 31 mars 2022, une enquête préliminaire pour blanchiment aggravé de fraude fiscale aggravée à l’encontre de McKinsey, pour un possible montage fiscal de ses entités françaises qui leur auraient permis de ne verser aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020. Six mois plus tard, il avait lancé deux informations judiciaires, notamment pour « tenue non conforme de comptes de campagne », portant sur les conditions d’intervention de cabinets de conseil dans les campagnes électorales de 2017 et 2022 d’Emmanuel Macron et élargie depuis aux années 2015 et 2016, et pour favoritisme. Des perquisitions ont déjà eu lieu au domicile de dirigeants et anciens dirigeants de McKinsey, au ministère de la Santé, au siège parisien de la société de conseil et à ceux de Renaissance, le parti de Macron, et de l’association de financement de Renaissance. Les sommes détournées se chiffrent en dizaines de millions d’euros… aux dépens du contribuable.

152 euros : c’est le montant de cette prime accordée aux chômeurs en fin de droits ou au RSA. « L’État français a été très généreux » ose dire le ministre du Travail et projette donc de supprimer cette prime aux personnes sans enfants. Cette prime avait été obtenue en 1998 après plusieurs jours d’occupation d’antennes Assedic dans plusieurs villes (Marseille et région parisienne notamment). La revendication portait sur des aides d’urgence et une prime de 450 euros… 27 ans après il y aurait 1000 raisons de reprendre ces occupations !

Le gouvernement a annoncé qu’il lèverait les restrictions sur les exportations d’armes vers Israël fin novembre. Ces restrictions ont été de très courte durée puisque le chancelier Friedrich Merz avait introduit une suspension partielle des livraisons d’armes en août 2025. Un pseudo-embargo de moins de trois mois alors que le massacre de Gaza dure depuis deux ans. En fait Bonn, malgré les pressions de son opinion publique ébranlée par le calvaire des Gazaouis, était pressé de revenir à la situation antérieure, car l’Allemagne est l’un des principaux fournisseurs d’armes d’Israël, derrière les États-Unis. Les exportations allemandes d’armement vers l’État sioniste ont représenté en moyenne près de 480 millions de dollars (414 millions d’euros) par an au cours de la dernière décennie. Et ce ne sont pas quelques centaines de milliers de morts et de blessés qui vont empêcher ce juteux business de continuer.

Une étude de l’Institut des politiques publiques, un organisme indépendant créé par des universitaires et des écoles de commerce, passe au crible les effets économiques des baisses d’impôts de production introduites dans les budgets 2021 et 2022. Ces baisses, pilier de la politique fiscale de Macron, sont un véritable cadeau aux entreprises. Elles concernent principalement la cotisation sur la valeur ajoutée et la cotisation foncière pour les locaux industriels. Elles sont supposées doper leur capacité d’investissement, restaurer leur compétitivité et leur permettre de créer des emplois. Mais rien de cela n’est arrivé. Les patrons ont bénéficié d’une réduction de fiscalité de 10 milliards d’euros par an pour un impact économique qui a été… quasiment nul. Pire, cela n’a pas empêché des grands groupes comme Michelin d’encaisser la monnaie… tout en licenciant à tour de bras et en fermant ses usines de Vannes (Morbihan) et de Cholet (Maine-et-Loire). Et le projet budget prévoit bien sûr de maintenir ces baisses. Rien n’est trop beau pour les patrons.

Le sommet Choose France (Choisir la France), manifestation annuelle habituellement destinée aux investisseurs étrangers, est réservé cette fois aux entreprises tricolores pour mettre à l’honneur « celles qui investissent dans le pays ». Cette grand-messe réunit, à la maison de la Chimie à Paris, 200 entreprises, dont la plupart des grands groupes, mais également des fédérations professionnelles et des organisations patronales. Une occasion pour le gouvernement de les brosser dans le sens du poil. 30 milliards d’euros vont être investis « concernant 151 projets répartis partout en France », a déjà annoncé fièrement le ministère de l’Économie. En ajoutant cependant que sur ces 30 milliards, 21 milliards concernaient des projets déjà annoncés au cours des derniers mois. À la veille de l’ouverture du sommet, le ministre de l’Économie, Roland Lescure, déclarait au Figaro : « Les entreprises doivent prendre leur part au redressement budgétaire. Pour autant, le texte final ne doit pas être un budget “anti-entreprises” », affirmant que cette édition de Choose France devrait aussi « permettre d’entendre les préoccupations des dirigeants d’entreprise ». Quant au Premier ministre, Sébastien Lecornu, il a déclaré lundi à des patrons qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter pour les quelques mesures de taxation adoptées par l’Assemblée nationale, car la plupart « étaient inapplicables ». Mais comme les patrons en demandent toujours plus il n’est pas certain qu’ils se satisfassent de telles déclarations.

À l’occasion de la neuvième visite dans l’Hexagone de Volodymyr Zelensky, ce dernier et Macron ont signé une lettre d’intention pour l’achat de 100 Rafale avec leurs armements associés, quatre radars, huit systèmes de défense anti-aérienne, six systèmes de lancement de bombes et des drones. Le montant du contrat n’a pas été indiqué mais lorsque l’on sait qu’un Rafale équipé coûte dans les 100 millions d’euros on aboutit sans doute à une somme comprise entre 10 et 20 milliards d’euros. « Cet accord est la démonstration de la volonté française de mettre son excellence industrielle et technologique au service de l’Ukraine, et donc de l’Europe » a déclaré Macron. Mais c’est surtout le démonstration de la volonté des industriels français de l’armement de se positionner sur le marché ukrainien en tentant de damner le point à leurs concurrents allemands, américains, britanniques ou autres. La guerre ça peut rapporter gros.