Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Une descente de police a eu lieu au domicile familial d’Omar Alsoumi, Palestinien en exil et un des porte-paroles d’Urgence Palestine. Il a été interpellé devant sa femme et ses enfants puis placé en garde à vue au commissariat local pour « apologie du terrorisme ». Cette arrestation s’ajoute à plus de six mois de gel de ses avoirs, une décision administrative arbitraire qui met sa famille en situation de précarité. En avril dernier, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bruno Retailleau, avait vainement tenté de dissoudre Urgence Palestine. Depuis lors le pouvoir pourchasse ses militants et continue sa politique de criminalisation des soutiens au peuple palestinien. Solidarité avec Omar Alsoumi.

Le collectif Nos services publics, constitué d’experts et d’agents de terrain qui luttent pour que l’ensemble de la population bénéficie d’un service public universel et de qualité, vient de publier son troisième rapport annuel. D’où il ressort que les inégalités d’accès à de tels services sont moins liées aux clivages territoriaux (ville d’un côté, campagne de l’autre) qu’aux inégalités sociales. Par exemple, en matière de santé, un nombre grandissant de ménages renoncent, faute de ressources financières suffisantes, à se soigner correctement. De plus, le recul continu depuis quarante ans de l’implantation des services publics conduit à la privation, pour une part croissante de la population, de l’effectivité de ses droits à la santé, à l’éducation, au logement, mais aussi à l’eau potable. Enfin la numérisation des démarches administratives via Internet a laissé une partie des familles modestes sur le bord de la route et l’implantation de Maisons France service (censées regrouper un certain nombre d’administrations) n’a pas permis de compenser qualitativement le recul des services publics. Un recul qui ne cesse de s’amplifier…

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a fait mine de s’offusquer que des adolescentes musulmanes voilées aient pu assister à une séance de la Chambre des députés, à l’invitation de Marc Fesneau, président du groupe MoDem, et dans le cadre d’une visite scolaire. L’information lui avait été soufflée par le porte-parole du Rassemblement national, le député de l’Yonne, Julien Odoul. Ce dernier avait republié un cliché du magazine d’extrême droite Frontières où, dans les tribunes, apparaissaient des élèves venus visiter l’institution et parmi eux, des jeunes filles portant le voile. Il avait demandé à la présidente de réagir. Ce qu’elle a fait, jugeant la scène « inacceptable » et appelant à « une extrême vigilance pour que cela ne se reproduise pas ». Sauf que le règlement intérieur de l’Assemblée n’interdit pas de telles tenues. Cela Braun-Pivet le sait parfaitement, mais elle n’a pas résisté à la tentation d’apporter sa contribution à la campagne anti-musulmane de la droite et de l’extrême droite.

Mediapart et Libération ont eu accès à plus de 84 heures d’images tournées le 25 mars 2023, lorsque 2 000 gendarmes mobiles réprimaient sauvagement un rassemblement contre les mégabassines. Ces heurts avaient fait 200 blessés chez les manifestants dont 40 grièvement atteints. Jusqu’à présent les autorités avaient toujours affirmé que les gendarmes avaient riposté de façon adaptée et « proportionnée ». Or ces images, tournées par les gendarmes eux-mêmes ce jour-là, principalement via les caméras-piétons qu’ils portaient en plastron, montrent exactement le contraire, avec les forces de l’ordre s’interpellant mutuellement pour se féliciter du nombre de blessés qu’elles faisaient et utilisant, sur l’ordre de leur hiérarchie, des tirs tendus, ce qui est interdit. Une enquête préliminaire pour violences aggravées et non-assistance à personne en danger, toujours en cours, avait été ouverte par le parquet de Rennes et c’est dans ce cadre que ces images ont été rassemblées. Suite à ces révélations, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez a ordonné une enquête administrative. Mais il se refuse toujours à parler de « violences policières ». Heureusement les images parlent pour lui.

Évoquant le salaire du président le 29 octobre sur LCI, Carlos Tavares, ex-PDG de Stellantis, nous apprenait que le montant de 19 000 euros correspond « à peu près [au] salaire d’un bon ingénieur de Stellantis avec cinq à dix ans d’expérience ». À regarder de près nos fiches de paie, la plupart d’entre nous peuvent noter plusieurs milliers d’euros d’écart. Un oubli sans doute. L’erreur est humaine, ne soyons pas rancuniers : on pourrait aider nos RH à la corriger en signalant collectivement toute méprise, et en portant leur attention sur tous nos collègues cadres, non-cadres et ouvriers qui ont dû également en pâtir.

… d’après le bulletin Stellantis Campus Poissy

Le ministre israélien de la Diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme, Amichaï Chikli, a fustigé le candidat de la gauche démocrate, Zohran Mamdani, élu la veille maire de New York. Il l’a qualifié de « soutien du Hamas » et a ajouté que les positions de Mamdani « n’étaient pas très éloignées de celles des fanatiques jihadistes ». Il a ensuite appelé « les Juifs de New York à envisager sérieusement de faire de la Terre d’Israël leur nouveau foyer ». La victoire électorale de Mamdani est intervenue malgré des attaques visant ses projets sociaux (transport, logements, vie chère, crèches…) et son soutien aux Palestiniens. Cela a conduit Trump à intervenir à la dernière minute dans la campagne électorale, le qualifiant de « haineux » envers les Juifs, alors même qu’il a multiplié les déclarations contre l’antisémitisme. Ces attaques calomnieuses n’ont pas empêché le tiers des électeurs juifs new-yorkais, essentiellement des jeunes, de voter Mamdani.

À peine lancée, la conférence sociale sur le travail et les retraites, déjà boudée par la CGT, enregistre une nouvelle défection : celle de la principale organisation patronale, le Medef. Ce dernier entend ainsi protester contre « le débat budgétaire qui conduit à augmenter très fortement les prélèvements sur les entreprises (ce qui) n’est pas de nature à installer la confiance », et veut, en outre, limiter les discussions à deux sujets : le financement de la protection sociale et l’amélioration du modèle productif. Ce qui se traduit par faire payer aux travailleurs le déficit de la Sécurité sociale et faire travailler les salariés plus et plus longtemps. Tout un programme. Mais cette défection n’empêche pas les autres organisations syndicales (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) de continuer à participer à cette grand-messe devenue sans objet et qui se poursuivra jusqu’à la fin… de l’été 2026. De quoi donner du grain à moudre aux bureaucrates syndicaux… mais rien à la classe ouvrière.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé son « retrait définitif » du parti macroniste Renaissance en critiquant l’attitude de son secrétaire général, Gabriel Attal, selon lui publiquement trop critique à l’égard du président de la République. En outre, il lui reproche d’être plus ou moins ouvertement candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle de 2027. Et c’est là où le bât blesse. Car, en avril dernier, Darmanin s’était lui-même publiquement épanché sur son désir de présenter sa candidature à cette élection. Il avait alors déclaré : « Est-ce que j’en ai envie ? Oui. Est-ce que j’ai le projet ? J’y travaille. » Bref cette rivalité est celle de deux crocodiles qui nagent dans le même marigot avec comme seule ambition de bouffer l’autre pour occuper toute la place.

Les retards et dysfonctionnements dans le renouvellement des cartes de séjour plongent de nombreux travailleurs étrangers dans la précarité. Selon Amnesty International, l’incapacité des préfectures à traiter les dossiers à temps permet des abus de la part de patrons peu scrupuleux, allant du non-paiement des salaires aux violences et discriminations. L’ONG estime que les dysfonctionnements de l’État lors du renouvellement des titres de séjour (avec des délais allant de deux mois à trois ans) exposent les travailleurs et travailleuses étrangers à des conditions de travail précaires et abusives. Et d’expliciter : « Les abus recensés comprennent le vol de salaire, des heures de travail prolongées, des conditions de travail dangereuses et de multiples cas de violences commises par les employeurs-euses, en particulier pour des motifs raciaux, y compris des violences physiques et le harcèlement sexuel. » Amnesty a recueilli de nombreux témoignages faisant état d’abus touchant des migrantes et migrants, originaires notamment du Mali, de Côte d’Ivoire, de Gambie, d’Angola, du Cameroun, de République démocratique du Congo, d’Inde ou encore du Sri Lanka. La plupart sont employés dans des secteurs comme le bâtiment, l’aide à domicile, le travail en Ehpad, le nettoyage, la restauration… Le renouvellement automatique des cartes de séjour doit être un droit, pas une loterie dépendant du bon vouloir de l’administration.