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Brèves

L’actualité en bref

À partir d’aujourd’hui, le gouvernement israélien interdit à plus d’une trentaine d’organisations humanitaires – dont Médecins sans frontières, Oxfam, Care, Caritas, etc. – d’intervenir dans la bande de Gaza pour aider la population civile qui souffre de la faim, du froid, des conditions d’hygiènes déplorables, du manque de médecins et d’hôpitaux. Les raisons invoquées : les liens supposés avec « les terroristes » du personnel de certaines ONG. Un prétexte déjà mis en avant pour assassiner des journalistes et des professionnels des médias, des médecins, des soignants et des travailleurs humanitaires. Alors que la situation à Gaza reste catastrophique, Netanyahou et sa clique font tout pour aggraver les choses. Ainsi cette semaine l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens a affirmé, dans un communiqué, que « des provisions, des abris ainsi des colis alimentaires pour 1,1 million de personnes sont stockés à la frontière et prêts à entrer à Gaza » pour faire face aux fortes pluies et aux vents violents qui ont frappé le territoire ces derniers jours mais que les autorités israéliennes l’empêchent d’acheminer cette aide. Génocidaires un jour, génocidaires toujours.

Le géant du luxe LVMH, qui appartient au milliardaire Bernard Arnault, continue d’accroître sa mainmise sur le secteur médiatique. Déjà propriétaire du Parisien-Aujourd’hui en France et des Échos, il vient de racheter trois autres titres : le magazine économique Challenges et les revues scientifiques Sciences et Avenir et La Recherche. Il dame ainsi le pion à ses concurrents notamment le groupe Bolloré (CNews, Canal Plus, Journal du dimanche) CMA Média de Saadé (BFMTV, RMC, Brut, La Provence, Corse matin) et Xavier Niel (Le Monde, Télérama, Courrier international, La Vie, Le HuffPost, Le Monde diplomatique, Le Nouvel Obs). Plus de 80 % des médias du pays sont entre les mains d’une poignée de milliardaires. La liberté de la presse est mal barrée.

On est habitué à voir CNews, la chaine d’information en continu d’extrême droite du milliardaire Vincent Bolloré, être condamnée pour ses propos sexistes, racistes, homophones et anti-migrants. Mais une première : elle vient de se voir infliger une amende de 20 000 euros par le Conseil d’État pour désinformation climatique. Sur son antenne, l’économiste Philippe Herlin, soutien d’Éric Zemmour, avait déclaré sans être contredit : « Le réchauffement climatique anthropique est un mensonge, de l’ordre du complot. Et pourquoi cela a autant de poids ? Parce que ça justifie l’intervention de l’État dans notre vie, et ça absout l’État de devoir diminuer ses dépenses publiques. C’est une forme de totalitarisme. » Résultat des courses, l’Autorité de régulation de la télévision (Arcom) l’avait condamné en juillet 2024. Mais, comme à son habitude, CNews avait crié au scandale et à la liberté d’expression qu’on assassine. Elle avait donc décidé de faire appel devant le Conseil d’État… qui a confirmé l’amende. Rendez-vous à la prochaine fake news…

Les médias en général, et la presse Bolloré en particulier, nous ont bassinés sur le fait que l’homme qui, le 26 décembre dernier, avait légèrement blessé trois femmes au couteau dans le métro parisien était un migrant en situation irrégulière qui faisait de plus l’objet d’une obligation de quitter le territoire français. Et de se lamenter sur le laxisme de la justice, sur les migrants qui créent l’insécurité partout où ils passent, sur l’invasion migratoire, etc. Sauf que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait machine arrière et a reconnu un « dysfonctionnement » de ses services. En fait l’homme en question, qui a été hospitalisé en psychiatrie après la levée de sa garde à vue, est d’origine malienne mais a obtenu la nationalité française en 2018. Un citoyen français donc. Mais qu’importe, pour la droite et ses soutiens tout est bon pour alimenter la xénophobie.

Début décembre, lors du tirage au sort du Mondial 2026, à Washington, Gianni Infantino, le président de la Fifa, le fédération internationale de football, avait remis Trump un prix de la paix créé de toute pièce par son organisation dans le seul but de flatter le locataire de la Maison-Blanche, toujours sensible à la flagornerie. Et l’histoire vient de se répéter. C’est cette fois le génocidaire bien connu Benyamin Nethanyahou vient de décerner le prix israélien de la paix au locataire de la Maison-Blanche. La paix en question est probablement celle des cimetières que tant le président américain que le Premier ministre israélien alimentent à coups de bombes, d’interventions militaires tous azimuts et de massacres des populations civiles. De grands pacifistes on vous dit !

Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 3 090 migrants ont perdu la vie en 2025 en essayant de rallier l’Espagne par la route migratoire de l’Atlantique, entre l’Afrique et les îles Canaries. Parmi les victimes figurent 437 enfants. Selon les chiffres officiels, 35 935 migrants sont entrés dans le pays de façon irrégulière entre le 1er janvier et le 15 décembre de cette année. Et s’il y a eu une baisse « significative » des arrivées aux Canaries, l’association mentionne une nouvelle route « plus lointaine et plus dangereuse » avec des départs depuis la Guinée. Caminando Fronteras a également noté une hausse du nombre de bateaux quittant l’Algérie, principalement à destination des îles des Baléares Ibiza et Formentera en Méditerranée. Le nombre de morts sur cette route a doublé par rapport à 2024, pour atteindre 1 037 cette année. Les traversées sont rendues d’autant plus dangereuses que les pays d’origine (Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée-Conakry, etc.) multiplient les mesures pour empêcher les départs.

La justice administrative a autorisé la poursuite de la construction de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres, entamée en 2023. Un ouvrage qui a suscité depuis lors l’opposition d’une partie de la population, des élus locaux et des militants écologistes. Mais, malgré plusieurs décisions de justice contestant son utilité publique, l’État et le constructeur et futur concessionnaire Atosca font tout pour aller de l’avant quitte à saccager au passage plusieurs centaines d’hectares de forêts et de terres agricoles. Fervent soutien du projet, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a répété qu’il souhaitait « mettre en route cette autoroute d’ici au mois d’octobre 2026 ». Les affaires sont les affaires et au diable la nature !

Deux mois et demi après l’adoption par le Congrès espagnol d’un décret-loi instituant un embargo sur les contrats d’armement avec Israël, le gouvernement de coalition de gauche dirigé par le socialiste Pedro Sánchez fait marche arrière. Sous la pression d’Airbus, qui menaçait de délocaliser à l’étranger certaines de ses activités et de détruire des milliers d’emplois, Madrid est revenu sur son embargo militaire. Il a accordé au géant européen de l’aéronautique une « autorisation exceptionnelle » pour importer du matériel militaire israélien, notamment des composants fabriqués par les entreprises israéliennes Elbit Systems et Elta System. Comme quoi, en régime capitaliste, les patrons ont toujours le dernier mot.

Jordan Bardella, Marine Le Pen et leur allié Éric Ciotti n’ont pas du tout apprécié qu’à l’occasion du décès de Brigitte Bardot, la presse rappelle, entre autres, ses accointances avec l’extrême droite, son admiration pour Jean-Marie Le Pen et ses multiples condamnations en justice pour ses propos sexistes, homophobes, racistes et islamophobes. Pour Bardella, il s’agit « d’une entreprise de méchanceté » de la part « d’une presse de gauche » qui « serait bien incapable de produire autre chose que de la haine recyclée ». Éric Ciotti s’agace que « même dans la mort, les défunts sont poursuivis par la haine et l’extrémisme ». En matière d’extrémisme, Bardot était pourtant une experte. Elle avait par exemple qualifié de « population dégénérée encore imprégnée des coutumes ancestrales » les habitants de la Réunion et traitait les personnes homosexuelles de « lopettes de bas étage, travelos de tout poil, phénomènes de foire ». N’en jetez plus ! Bref, elle préférait nettement les animaux au genre humain dans toute sa diversité. Alors une « icône » ? Très peu pour nous.