Nos vies valent plus que leurs profits

SEB : 2 100 licenciements, dont 500 en France

Le fabricant d’électroménager SEB annonce 2 100 licenciements à venir, dont 500 « départs volontaires » en Isère, en Mayenne, en Haute-Savoie et dans le Rhône. L’Allemagne, le Brésil, l’Égypte et la Turquie seront plus durement touchés. Difficile de justifier ces attaques pour ce groupe industriel aux 8,17 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Si le bilan chute légèrement de 1,2 %, son bénéfice net a augmenté de 5,6 % pour un joli pactole de 245 millions d’euros. Mais sous prétexte d’une concurrence asiatique à plus bas coûts (alors même que le groupe compte déjà une dizaine d’usines en Asie) et d’une opportunité vue à travers l’IA pour « rationaliser » la production, il s’agit de comprimer toujours plus les effectifs.

Surtout, l’attaque contre les travailleurs trouve comme prétexte un trou dans les caisses, causé par une amende 190 millions d’euros, infligée par l’Autorité de la concurrence pour « entente sur les prix entre industriels et distributeurs ». Même quand les brigands capitalistes se font pincer, ils font payer la note aux salariés. Et loin d’être mis au ban par les actionnaires pour ces pratiques – certes largement courantes dans l’industrie –, SEB a vu le cours de son action bondir de 10 % à la bourse de Paris l’heure suivant son annonce de licenciements. Les capitalistes ne créent aucune richesse, ils sèment juste la misère en licenciant les travailleurs dont ils estiment pouvoir se passer, et essorent d’autant plus ceux qui restent.

3 mars 2026. Correspondant