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Somfy : des suppressions d’emplois annoncées

Le groupe Somfy, basé à Cluses en Haute-Savoie et leader mondial de l’automatisation pour volets, portails et domotique, a annoncé le jeudi 29 janvier la suppression d’environ 550 postes dans le monde, dont environ 350 en France.

Alors que le groupe avait enregistré en 2024 un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros, en hausse de 4,8 % par rapport à l’année précédente, la direction justifie cette décision par une « réorganisation stratégique » destinée à s’adapter à un marché de plus en plus difficile.

Des milliards pour les Despature, des licenciements pour les salariés

L’actionnaire ultra-majoritaire du groupe, Jean-Guillaume Despature, est loin de connaître ces prétendues difficultés. Héritier d’une riche famille industrielle qui avait fait fortune dans le textile, sa fortune a doublé en cinq ans, passant de 2,5 milliards d’euros en 2020 à 5,1 milliards en 2025, selon le magazine Challenge. Ces justifications auront donc du mal à convaincre les 550 salariés et leurs familles qui recevront bientôt leur lettre de licenciement, ainsi que celles et ceux qui resteront et dont la charge de travail va considérablement augmenter.

En 2023, par une offre publique d’achat, la famille avait retiré Somfy de la Bourse, s’assurant ainsi près de 90 % du capital et des droits de vote. Tout cela en puisant directement dans la trésorerie de l’entreprise, fruit du travail des milliers de travailleurs et travailleuses du groupe. En plus des 144 millions d’euros de dividendes « classiques », c’est 629 millions d’euros de dividendes exceptionnels qui avaient alors été prélevés sur les réserves de l’entreprise. Un total de plus de 770 millions d’euros versés aux actionnaires familiaux, utilisés en grande partie pour racheter les actions qu’ils ne possédaient pas encore. Une somme qui pourrait largement permettre de préserver les emplois, mais qui a servi à accentuer le contrôle de la famille Despature sur le groupe et l’enrichir.

Oui de l’argent pour maintenir les emplois, il y en plein dans les poches de ces actionnaires qui n’hésitent pas à licencier pour gonfler toujours plus leur magot.

Seule la mobilisation collective peut stopper les licenciements

Les salariés du groupe ne pourront compter que sur eux-mêmes pour contraindre la direction à renoncer à ce sale coup. Alors qu’elle cherche à isoler les salariés face aux licenciements, qu’un climat de surveillance semble s’installer autour du site et que des familles risquent de se retrouver sans revenu dans un bassin sinistré, la réponse ne pourra être que collective. En 2014, à Spirel, ancienne filiale de Somfy, les salariés s’étaient mis en grève contre les licenciements du même actionnaire. Un exemple à suivre.

Aujourd’hui, en se réunissant, en s’organisant, en se mobilisant par la grève et en créant des liens avec d’autres entreprises touchées par les licenciements, elles et ils pourraient forcer leurs patrons richissimes à préserver les emplois.

Correspondant