
Stellantis veut virer environ 740 salariés (CDI et intérimaires) de l’usine d’assemblage automobile de Tychy en Pologne (environ 30 % des 2 178 salariés). Dans trois mois seulement. Cette annonce a surpris car les modèles produits dans cette usine, longtemps considérée comme « protégée » sont récents, modernes et moins coûteux.
Certains en France portaient des accusations mensongères et xénophobes contre le « plombier polonais » qui volerait « notre » travail. En réalité le travailleur polonais est une victime du grand monopoly mondial de l’exploitation capitaliste. Comme nous tous.
En Italie, la production de véhicules particuliers de Stellantis est au plus bas depuis 1955, les travailleurs ont des salaires réduits avec le chômage technique généralisé. En France, Stellantis Douvrin (un site qui avait encore 1 500 salariés il y a cinq ans) va fermer définitivement vers mars. À Mulhouse, Stellantis vire en ce moment 400 intérimaires (sous prétexte de 30 % de production en moins), la direction ne parvient pas à cacher son intention de fermer l’usine Stellantis de Poissy dans environ 18 mois (2 000 salariés)…
Stellantis est en train d’ajuster la production (pour des voitures qui deviennent des produits de luxe), de la concentrer sur moins de sites pour maintenir ou augmenter la rentabilité et renouveler ses alliances avec des partenaires chinois.
Contrairement à ce qu’il prétend, le groupe a plein d’argent et de projets. Stellantis va investir 13 milliards aux États-Unis et 6 milliards au Brésil, a déjà investi 1,2 milliard pour l’extension de son usine marocaine de Kenitra, en 2025 l’usine espagnole de Vigo a produit 600 000 voitures (quasiment autant que les cinq usines d’assemblage en France de Stellantis).
Stellantis multiplie les partenariats avec le chinois Leapmotors (dont Stellantis possède 20 %) et avec le géant chinois de la batterie CATL pour faire des voitures « chinoises » en Europe. Ce qui n’empêche pas les dirigeants de Stellantis de dénoncer hypocritement la « menace chinoise » devant les médias.
Que ce soit en Pologne, en France ou ailleurs dans le monde, les salariés sont tous concernés par les attaques de Stellantis. Ceux qui pointent les salariés étrangers comme les responsables des licenciements, sont nos ennemis et des amis des patrons. Le nationalisme divise les travailleurs. Exigeons ici et là-bas, le maintien de tous les emplois et tous les salaires ! Travailleurs de tous les pays unissons-nous contre tous les capitalistes qui nous licencient !
Correspondant