Avec 86 645 détenus au 1er février pour seulement 63 289 places, le pays s’érige au rang d’un des plus grands pénitenciers d’Europe. Le taux de densité carcérale atteint les 136,9 %, obligeant des détenus à vivre dans des conditions d’enfermement indignes et insalubres. Cette surpopulation concerne principalement les maisons d’arrêt (167 % de densité carcérale), où sont enfermés les détenus en attente de jugement et donc présumés innocents, et ceux condamnés à de courtes peines. Elle dépasse les 200 % dans 25 établissements. En conséquence, 6 596 prisonniers sont obligés à dormir sur un matelas au sol, contre 4 490 il y a un an (+47 %). Fin janvier, le Conseil de l’Europe avait dénoncé l’état des prisons françaises et depuis 2013, la France a été condamnée à neuf reprises par la Cour européenne des droits de l’homme pour ses conditions de détentions. Ce qui n’empêche pas le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, de continuer de prôner le tout sécuritaire et à s’opposer aux libérations anticipées en aggravant encore les choses.