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The Deal — Série de Jean-Stéphane Bron et Alice Winocour

The Deal
Série de Jean-Stéphane Bron et Alice Winocour
Sur Arte.tv

2015, dans le huis clos d’un hôtel de luxe de Genève, au bord du lac Léman, commence une nouvelle session – la dernière espèrent ses participants – des négociations sur le nucléaire iranien. L’enjeu est, pour les Américains, d’obtenir sa limitation à des fins civiles et, pour les représentants de l’Iran, une levée, au moins partielle, des sanctions économiques.

The Deal est un thriller diplomatique de six épisodes, coécrit et réalisé par Jean-Stéphane Bron, documentariste, et Alice Winocour, réalisatrice. Comme nous en avertit un carton au début de chaque épisode, les personnages, dialogues et situations sont inspirés de faits réels. Dans la délégation iranienne, le ministre des Affaires étrangères, diplomate issu d’une famille bourgeoise, est sous la surveillance d’un gardien de la révolution qui le suspecte de vouloir « trahir » les intérêts du pays, et se retrouve à surveiller aussi l’ingénieur nucléaire tout droit sorti de sa cellule de la prison d’Evin. Côté américain, la sous-secrétaire d’État, cheffe de la délégation, doit composer avec l’arrogant et prétentieux secrétaire d’État, absent mais qui suit de près les négociations, ainsi qu’avec un représentant du Trésor obtus.

Aussi à la table des négociations, des représentants de l’Union européenne, de la Chine et de la Russie, médiateurs et, surtout, défenseurs de leurs intérêts respectifs.

Ce petit monde agit sous la houlette de la Suisse, pays neutre « facilitateur de la mission », par l’intermédiaire d’Alexandra Weiss, cheffe du protocole avant de diriger la mission suite à une bourde de son supérieur. En embuscade, les agents du Mossad, prêts à tout pour faire capoter les négociations.

On ne s’ennuie pas devant cette série instructive sur les réalités des relations internationales, avec des Américains gendarmes du monde, une UE tentant d’exister, des Iraniens partagés entre fierté patriotique et défense d’un régime brutal et inique…

L’accord a finalement été signé en 2015, mais Trump en a sorti son pays en 2018.

Liliane Laffargue