Nos vies valent plus que leurs profits

Trump-Netanyahou : le risque des dérapages incontrôlés

Si c’est de concert que les États-Unis et Israël ont déclenché le la guerre en Iran, l’État israélien en profite pour poursuivre ses objectifs propres : en chassant la population des territoires qui entourent immédiatement Israël au nord (territoires pris sur la Syrie et le Liban), en accélérant la colonisation en Cisjordanie, en continuant à rendre impossible toute vie pour les Palestiniens à Gaza, Israël continue sa politique d’expansion, son rêve du Grand Israël de la mer au Jourdain, contrôlé à l’est par le régime autoritaire jordanien. Au nord, alors que se poursuivent les bombardements sur Beyrouth, Netanyahou vient de demander à l’armée israélienne d’occuper tout le Sud-Liban, malgré les demandes pleurnichardes du ministre français des Affaires étrangères.

Netanyahou a vraisemblablement agi sans le feu vert des États-Unis, mais ces derniers laissent leur gendarme local organiser sa sécurité comme il l’entend tant que cela ne va pas à l’encontre des intérêts américains : après l’avoir laissé faire, Trump s’est même permis de se dédouaner de toute responsabilité sur les bombardements israéliens sur un immense site gazier partagé entre l’Iran et le Qatar : Israël aurait juste « agi sous la colère », s’est-il gentiment désolidarisé de son allié. Surtout qu’en riposte l’Iran avait bombardé à son tour le même bassin pétrolier et que Trump est obligé de tenir compte de la marche de l’économie mondiale et, pour peu que les dégâts occasionnés soient sévères, les conséquences sur l’approvisionnement en gaz seraient durables.

Des luttes à venir

Le militarisme ne fait pas bon ménage avec les droits démocratiques. Les organisations de la classe ouvrière risquent d’en faire les frais. L’État se comporte déjà en planificateur de la production industrielle, réaffectant telle usine ou telle partie d’une usine, à la production militaire : les travailleurs de Renault Cléon ont ainsi appris le 19 janvier dernier que leur usine allait produire des moteurs pour drones kamikazes. Mais qui dit production militaire, dit secteurs encadrés par une législation particulière où les militants syndicaux doivent montrer patte blanche. Avec des mutations ou licenciements prévisibles pour certains.

Mais le pire n’est heureusement jamais certain. Les dirigeants impérialistes jouent avec les allumettes, au risque de mettre le feu à la planète. Si les révoltes populaires les inquiètent, seule une mobilisation de la classe ouvrière – parce que, sans elle, aucune production ne peut voir le jour – peut arrêter leurs jeux dangereux. Les conséquences de la politique impérialiste sur la vie quotidienne seront à l’origine de conflits. Il appartiendra aux révolutionnaires dans leur ensemble d’empêcher les appareils réformistes d’entraîner les bagarres sur des voies de garage et anesthésier ainsi la classe ouvrière. Il est de plus en plus urgent de constituer un pôle en situation de proposer une politique offensive aux travailleurs.

J.-J. F.