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Violences faites aux enfants : les victimes priées d’attendre

Les députés Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Ensemble pour la République) avaient élaboré un projet de loi visant à prévenir et à lutter contre les violences physiques, psychologiques et sexuelles commises sur des enfants en milieu scolaire et périscolaire, notamment dans les établissements privés sous contrat et les internats. Le texte signé par 142 députés issus de neuf groupes politiques différents, incluait la création d’un fonds national d’indemnisation et d’accompagnement, un contrôle renforcé du pédigrée du personnel et des bénévoles, ainsi que des contrôles étatiques plus stricts. Le texte n’a finalement pas été plus loin que la conférence des présidents qui l’a rejeté à la majorité. Sans surprise la droite, l’extrême droite, Horizons et le Modem de François Bayrou – pour lesquels il n’est pas question de toucher à l’enseignement catholique – ont voté contre. La gauche et les écologistes pour. Mais le texte a finalement été repoussé grâce à l’abstention de Gabriel Attal qui appartient pourtant au même groupe que Spillebout mais est à couteaux tirés avec elle. En outre il n’avait pas caché qu’il voulait profiter de l’occasion pour infliger un camouflet à LFI, via Vannier. Quant aux enfants victimes de violences scolaires… il s’en fout. Un certain nombre de collectifs (Association des victimes de Bétharram, collectif MeeTooEcole, Collectif des victimes des Lasalliens) ont dénoncé le rejet comme une « blessure de plus » pour les milliers de personnes concernées.