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Pologne. Un président d’extrême droite en remplace un autre

Dimanche 1er juin, le candidat du PiS (Droit et justice), Karol Nawrocki a remporté avec 50,89 % le deuxième tour de l’élection présidentielle face à Rafał Trzaskowsk, soutenu par le Premier ministre, Donald Tusk et son parti, considéré comme « centriste ». Il prend ainsi la succession d’Andrzej Duda, lui aussi au PiS.

Anti-migrants, anti-avortement et anti-LGBT, Nawrocki a fait campagne contre la « bureaucratie de l’Union européenne » et n’hésite pas à brandir le chauvinisme agressif qui est une des caractéristiques de toutes les extrêmes droites du monde, comme dans son slogan de campagne : « La Pologne d’abord, les Polonais d’abord. »

De son côté, la coalition gouvernementale qu’il prétend combattre, au pouvoir depuis un an et demi, n’a pas rétabli le droit à l’avortement, contrairement à toutes ses promesses. Elle a autorisé les garde-frontières à tirer à balles réelles sur les migrants qui tenteraient de franchir la frontière avec la Biélorussie. Donald Tusk a déclaré vouloir limiter les aides aux migrants, y compris ukrainiens.

Le président, qui a peu de pouvoir, dispose d’un droit de veto sur les lois votées par le Parlement. En tout cas, il ne s’opposera pas au vote du budget militaire que tous veulent porter à 5 % du PIB.

Deux autres candidats encore plus à l’extrême-droite que Karol Nawrocki, avaient rassemblé 21,5 % des suffrages au premier tour. C’est dire si la course aux idées les plus réactionnaires a marqué la campagne présidentielle !

Michel Grandry