Dans la nuit du 3 au 4 juillet, la Russie a lancé contre Kiev sa plus grande offensive aérienne depuis le début de l’invasion en février 2022. Ces bombardements sont survenus une semaine après une autre offensive aérienne d’ampleur contre la capitale, le 29 juin.
Alors que la semaine précédente, Trump avait annoncé suspendre les livraisons de systèmes antiaériens à l’Ukraine, le 8 juillet, il a finalement déclaré vouloir « envoyer plus d’armes offensives » à Kiev. Quatre jours auparavant, il s’était déclaré « très mécontent » de son coup de fil à Poutine.
Ces déclarations contradictoires témoignent des hésitations impérialistes quant à la stratégie militaire à suivre. Trump et son secrétaire d’État, Marco Rubio, voudraient mettre la priorité sur le front indo-pacifique et le Moyen-Orient. Ainsi, lors du sommet de l’Otan des 24 et 25 juin, Trump a sèchement répondu à Zelensky, qui avait renouvelé ses appels à l’achat de systèmes antiaériens Patriot : « Nous allons voir. Nous en avons besoin aussi. […] Nous en livrons déjà à Israël. »
En 2023, Elbridge Colby, sous-secrétaire à la politique de Défense, avait ainsi présenté sa doctrine concernant l’Europe : « Il est dans l’intérêt de l’Amérique d’éviter une défaite de l’Ukraine, mais nous devons poursuivre cet intérêt d’une manière cohérente avec notre plus haute priorité, à savoir restaurer une défense forte le long de la première chaîne d’îles en Asie. »
C’est la raison pour laquelle Trump a pesé de tout son poids sur le sommet de l’Otan pour imposer aux États européens d’augmenter leurs budgets militaires de 2 à 5 % de leur PIB. Un diktat auquel les dirigeants européens se sont rapidement pliés, Espagne exceptée. Une augmentation gigantesque des dépenses militaires, assortie de contrôles réguliers par Washington, avec des « plans annuels crédibles » qui devront être présentés chaque année, et une clause de revoyure en 2029.
Cela n’a pas entamé la flagornerie des dirigeants européens envers leur maître. Ainsi le néerlandais Mark Rutte, secrétaire général de l’Otan après avoir été pendant plusieurs années Premier ministre des Pays-Bas, s’est extasié dans le New York Times : « Le président Trump mérite tous les éloges, car, sans son leadership, sans sa réélection à la présidence des États-Unis, nous n’aurions jamais pu parvenir à un accord sur le sujet des 5 %. »
8 juillet 2025, Aurélien Pérenna