
Depuis le 21 août, Netanyahou et son gouvernement d’extrême droite mettent en œuvre une nouvelle étape de leur projet génocidaire vis-à-vis des Palestiniens : occuper militairement la ville de Gaza, où vivent plus d’un million de personnes n’ayant nulle part où aller. Les crimes de guerre succèdent aux crimes de guerre. Suite au blocage de l’aide alimentaire, Gaza est en situation de famine. 80 % des personnes mortes de faim sont des enfants. Les hôpitaux continuent à être systématiquement bombardés, comme l’hôpital Nasser au sud de la bande de Gaza, un des derniers centres de santé encore partiellement fonctionnel, qui a été la cible de deux bombardements le 25 août. Après près de deux ans de guerre, plus de 63 000 Palestiniens ont été tués. Les services de renseignement israéliens eux-mêmes estiment que 83 % d’entre eux étaient des civils.
Depuis l’appel à la grève générale du 17 août, lancé par les familles des otages, la mobilisation contre la guerre s’amplifie en Israël. Près de 300 000 personnes ont manifesté ce jour-là à Tel Aviv et depuis, des manifestations rassemblent chaque semaine des dizaines de milliers de manifestants dans les principales villes du pays. Ils réclament un cessez-le-feu et s’opposent au plan d’occupation militaire de Gaza au nom du retour en vie des otages,. Mais certains dénoncent aussi le massacre des Palestiniens, brandissant des photos d’enfants assassinés. L’appel à la désobéissance des soldats rencontre de plus en plus d’échos : selon les estimations, 50 à 60 % des réservistes refusent de se présenter, par épuisement moral mais aussi pour ne plus commettre des crimes de guerre. Avec la rentrée scolaire et l’entrée en scène des lycéens, le mouvement anti-guerre pourrait encore gagner en profondeur et en détermination. Une bonne partie de la jeunesse israélienne n’a sans doute pas envie d’un avenir plombé par la guerre sans fin que lui promettent Netanyahou et l’extrême droite.
Face à la guerre d’extermination, il n’y a rien à attendre des grandes puissances impérialistes, quelles qu’elles soient. Rien à attendre des États-Unis bien évidemment, soutien indéfectible d’Israël, qui n’ont pas hésité à priver de visa la délégation palestinienne devant se rendre à l’assemblée générale de l’ONU le mois prochain à New York. Rien à attendre non plus des pays de l’Union européenne, qui n’ont même pas voulu se mettre d’accord sur d’éventuelles sanctions envers l’État d’Israël – quel que soit leur caractère symbolique. Les intentions de Macron de reconnaître un État palestinien n’ont abouti à rien, sinon se faire traiter d’antisémite par Netanyahou. Pour l’État français qui criminalise tout soutien exprimé au peuple palestinien, quelle ironie ! Il n’a d’ailleurs pas pour autant tourné la page de cette politique répressive, comme l’illustre son refus d’accueillir des réfugiés gazaouis sur son sol.
La seule perspective pour s’opposer au massacre, c’est l’amplification des mobilisations pour le dénoncer, en Israël même et dans le monde entier. Suite à quelques aléas météorologiques, une nouvelle flottille d’aide humanitaire à destination de Gaza est partie de Barcelone ce lundi 1er septembre. Une manière de tenter de briser le blocus, mais surtout de briser le silence et d’exprimer notre révolte et notre solidarité, comme lors des manifestations de juin dernier après l’arraisonnement du Madleen par Israël.
Lydie Grimal