La Découverte, 2025, 23 €
Après avoir consacré un livre aux conflits armés entre aborigènes d’Australie (Justice et guerre en Australie aborigène – Éd. Smolny, 2021), l’auteur esquisse cette fois une analyse plus générale des guerres dans les sociétés sans classes. À noter que Christophe Darmangeat a fait cet été une présentation passionnante de son nouveau livre à nos rencontres d’été révolutionnaires.
À partir d’une gamme extrêmement riche d’exemples, il propose dans la première partie une classification inédite et convaincante des guerres dans les « sociétés sans richesses ». L’intérêt est de montrer quelles sont les formes de violence (notamment les crimes liés à la vengeance) qui précèdent l’édification d’un État, lequel cherche à les supplanter en s’en arrogeant le monopole institutionnel.
La deuxième partie cherche à expliquer les causes de ces guerres, qui ne visent pas la conquête de territoires. L’auteur cherche à la fois à se démarquer des explications en termes de nature humaine intrinsèquement belliqueuse ou d’une idéalisation du bon sauvage pacifique. Il y évoque le poids des mythes religieux (selon lesquels, par exemple, attaquer un autre groupe renforce son énergie vitale), ainsi que l’isolement des différents groupes humains qui se connaissent très peu. Décidément, le « communisme primitif » n’est pas un dîner de gala, surtout comparé à la société communiste que nous voulons construire et dont Darmangeat esquisse quelques pistes dans sa conclusion !
Robin Klimt
