Le 8 octobre, le parlement allemand a abrogé à 450 voix contre 134 une loi sur l’accès à la nationalité allemande aux immigrés, qui faisait passer le délai pour une demande de naturalisation de huit ans à cinq, voire trois ans en cas « d’intégration particulièrement réussie ». Aux voix du parti d’extrême droite AfD, se sont jointes celles des sociaux-démocrates du SPD, actuellement partenaire « junior » de la coalition gouvernementale menée par les conservateurs. Cette loi avait pourtant été passée il y a quelques années par les sociaux-démocrates eux-mêmes : elle visait disaient-ils à faciliter l’accès à la nationalité et l’immigration de travail pour les métiers « en tension ». Mais elle cachait en fait une série de mesure racistes et xénophobes. L’ex-chancelier social-démocrate Olaf Scholz avait alors posé à la une d’un des principaux hebdomadaires du pays avec le titre : « Nous devons enfin expulser à grande échelle ». Cette loi permettait le retrait de la nationalité pendant dix ans pour des personnes naturalisées, notamment en cas de fausse déclaration pendant le processus de naturalisation, y compris si cela aboutissait à un statut d’apatride. Un pas vers la déchéance de nationalité critiquée par la Cour européenne des droits de l’Homme. Darmanin en rêvait, la social-démocratie allemande l’a fait !
C’est donc bien sur ses propres mesures xénophobes que le SPD a surenchérit avec ce vote, prouvant si cela était encore nécessaire, que la gauche n’a rien à envier à la droite quand il s’agit d’emboîter le pas aux démagogues d’extrême droite !