Nos vies valent plus que leurs profits

Incendie d’une discothèque : une catastrophe qui pose bien des questions

Le terrible incendie qui a ravagé la cave d’un bar de la station de ski huppée de Crans-Montana, en Suisse, et a fait plusieurs dizaines de morts et une centaine de blessés, n’est pas un accident isolé. Depuis 1970, des incendies de discothèques ont causé la mort de plus de 2500 personnes auxquelles s’ajoutent des milliers de blessés graves par brûlures et intoxication de fumée. Il est évident que des lieux clos où se rassemblent des centaines de personnes pour danser et faire la fête sont particulièrement dangereux en cas d’incendie. De fait, des réglementations ont été établies pour tenter de limiter les risques. Mais ces réglementations sont-elles suffisantes et, surtout, sont-elles toujours respectées ? À l’occasion de ce drame, les patrons de discothèques sont montés au créneau pour défendre leur business. On n’entend qu’eux dans les médias – davantage que les pompiers ! – pour expliquer que les discothèques sont différentes des bars et très sûres. En réalité, tous ces commerces obéissent à la loi du profit. Pour faire du fric, leurs patrons n’hésitent pas à entasser le maximum de clients et ils cherchent aussi à économiser sur les dispositifs de sécurité. Certains lieux sont d’ailleurs quasiment impossibles à sécuriser par manque d’accès susceptibles de servir d’issues de secours. Dans la société capitaliste, et même dans les pays les plus riches, le profit passe avant la vie humaine, y compris dans les lieux fréquentés par une clientèle aisée.