Même si tout le monde s’y attendait, c’est juste avant les congés de fin d’année que la direction du site a annoncé que la production de véhicules allait encore une fois baisser, pour passer de plus de 600 véhicules par jour à 400 à partir du 19 janvier. On passera d’une tournée complète et une tournée en demi-cadence, à deux tournées en demi-cadence, ce qui ne signifie pas qu’un travailleur sur chaîne travaillera deux fois moins, mais qu’il effectuera le travail de deux postes !
La conséquence principale, c’est l’arrêt de plus de 400 contrats intérimaires directement sur le site, avec des répercussions sur l’emploi chez les équipementiers et sous-traitants.
Cette situation, faute de lancement d’un nouveau véhicule, est amenée à durer. Jamais le site de Mulhouse n’avait connu un niveau d’emplois et d’activité aussi bas. De nombreux salariés s’inquiètent et se demandent si Stellantis n’est pas en train de programmer la fin pure et simple du site. De près de 14 000 salariés au début des années 2000, les effectifs en CDI sont aujourd’hui tombés sous la barre des 3700 embauchés et 400 intérimaires. Avant même ces annonces, la direction travaillait déjà à la suppression de plusieurs dizaines de postes dans les secteurs du montage. L’arrêt programmé de la DS7 au courant de l’année 2026 va encore une fois avoir des conséquences sur l’emploi des intérimaires du site dans les mois qui viennent.
Stellantis gère ses petites affaires pour continuer à engranger des profits records, même si les ventes du secteur de l’automobile se ralentissent. Et nous, nous subissons leurs choix stratégiques. Pour eux, nos vies, ça ne compte pas une seconde. Alors, plus que jamais, notre boussole, c’est : « C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons ! »
Correspondant
