
Photo : Jaber Jehad Badwan
Le Conseil de la paix, prévu dans la phase deux du plan de paix et présidé par Donald Trump lui-même, est censé surveiller les engagements de toutes les parties. Une bonne blague. Car, en matière d’engagement, l’État sioniste continuera à faire ce qu’il veut avec la bénédiction de la Maison-Blanche.
Le 16 janvier, Trump a lui-même désigné les sept premiers membres du Conseil, et en a depuis invité d’autres. On y trouve Marco Rubio, secrétaire d’État du gouvernement Trump, Steve Witkoff, investisseur immobilier, émissaire de Trump entre la Russie et l’Ukraine, Jared Kushner, gendre de Trump, Ajay Banga, président de la Banque mondiale et Tony Blair, ancien Premier ministre travailliste britannique, allié indéfectible de la politique américaine… et reconverti dans les affaires ! Il a même proposé une place à Poutine et à Alexandre Loukachenko, le dictateur biélorusse. C’est dire le sort que Trump réserve aux Gazaouis… Macron a prudemment décliné son offre.
Depuis le 11 octobre 2025, le cessez-le-feu a été violé un nombre incalculable de fois par l’armée d’occupation qui a fait, selon un bilan provisoire, 463 morts et 1 269 blessés. Les militaires israéliens s’en sont pris à des camps de réfugiés, à des villages de tentes, à des écoles ou à des hôpitaux en affirmant qu’ils visaient des « terroristes ». Avec l’approbation tacite des États-Unis et de leurs alliés européens. Et il ne faut pas être grand clerc pour prédire qu’il en sera de même avec la phase deux.
Dans le même temps, Israël continue de coloniser la Cisjordanie à marche forcée. On ne compte plus les vidéos montrant des soldats et des colons marchant, main dans la main, pour mettre le feu à des maisons ou des voitures, couper des oliviers pour empêcher la récolte, voler des troupeaux, murer des puits ou expulser des Bédouins de leurs campements. Dans le même temps, le nombre de colonies juives se multiplie.
Selon le quotidien israélien Haaretz, en 2025, les colons israéliens ont mené 845 attaques violentes contre des Palestiniens, soit une hausse d’environ 25 % par rapport à 2024. Au cours de ces attaques, 265 Palestiniens ont perdu la vie et plusieurs milliers ont été blessés. Ces exactions se sont poursuivies cette année. La plus spectaculaire a été l’attaque par l’armée israélienne, le 6 janvier, de l’université Bir Zeit, à Ramallah. Ce jour-là, la soldatesque est intervenue pour interdire sur le campus un rassemblement en solidarité avec les prisonniers palestiniens au cours duquel devait être diffusé le film La Voix de Hind Rajab, de la cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania, racontant la mort d’une fillette 6 ans à Gaza. Une douzaine de personnes ont été blessées, dont deux grièvement après des tirs à balles réelles. Le Conseil de la paix n’est qu’une mascarade destinée à maintenir la sujétion des populations de Gaza à qui on s’est bien gardé de demander leur avis !
20 janvier 2026, Jean Liévin