Nos vies valent plus que leurs profits

La Coupe d’Afrique des nations : succès populaire et préjugés

La CAN s’est achevée par une finale rocambolesque, couronnant une très convaincante équipe du Sénégal face au Maroc, qui n’aura pas démérité. Les commentateurs de l’attitude des Sénégalais, qui ont brièvement quitté le terrain suite à une énième décision arbitrale contestée, en ont évidemment fait des tonnes sur le « n’importe quoi » qui serait inhérent au football africain… Or, si les arbitres n’étaient contestés qu’en Afrique, cela se saurait !

Pour autant, c’est la très grande fraternité entre supporters ou footballeurs de différents pays qui a marqué cette CAN. Le huitième de finale entre l’Algérie et la République démocratique du Congo, entre autres, a été l’occasion de déclarations vraiment « sportives », jusque dans les cités françaises où les habitants soutiennent l’équipe du pays dont ils sont originaires avec ferveur. On va même parfois jusqu’à organiser des « CAN des quartiers » extrêmement populaires pour copier les pros.

Le décalage entre les professionnels évoluant dans les compétitions les plus relevées et des arbitres locaux moins bien formés (accusés de favoriser l’organisateur marocain) a été un serpent de mer pendant toute la compétition. On sait pourtant que l’arbitrage dit « à la maison » n’a rien d’une spécialité africaine ! On notera toutefois que les décisions de l’arbitre de la finale étaient finalement les bonnes, à rebours des préjugés louches drainés malheureusement par les acteurs eux-mêmes. Quand l’enjeu (car la CAN est désormais aussi une histoire de gros sous) tue le fair-play : tout le sport capitaliste en somme…

20 janvier 2026. Philippe Caveglia