
Une des premières mesures des bolchéviks qui avaient pris le pouvoir au nom du prolétariat fin 1917 a été de rendre publics les traités diplomatiques tenus secrets et de révéler les véritables buts impérialistes de la Première Guerre mondiale. La publication des accords Sykes-Picot, qui partageaient le Moyen-Orient arraché à feu l’empire ottoman défait par les alliés franco-anglais, avait créé une opposition à ce repartage du monde entre brigands capitalistes à la fois dans les classes ouvrières des métropoles et parmi les peuples de la région.
À l’ère des réseaux sociaux, les dirigeants du monde capitaliste ivres de leur puissance étalent leurs ambitions territoriales mafieuses sur X. Le 20 janvier, Trump a rendu public un message privé qu’il a reçu de Macron où la flagornerie le dispute à fanfaronnade : « Mon ami, nous sommes totalement alignés sur la Syrie [Le régime syrien tenu par un repenti d’Al-Qaïda et qui vient de massacrer les Kurdes est soutenu dans sa reconquête territoriale par des bombardements franco-anglais prétendument contre Daech]. Nous pouvons faire de grandes choses en Iran [La dictature capitaliste et théocratique d’Iran vient de noyer dans le sang la révolte contre la vie chère et pour la liberté, et Trump a jeté de l’huile sur le feu tout en laissant cette répression se déployer]. Je ne comprends par ce que vous faites à propos du Groenland [Par contre quand le brigandage américain touche aux intérêts européens, Macron fait mine de ne pas comprendre]. Essayons de construire de grandes choses : 1) Je peux organiser un meeting du G7 après Davos à Paris jeudi après-midi. Je peux inviter les Ukrainiens, les Danois, les Syriens et les Russes à la marge [Sur la scène intérieure Macron présente Poutine comme une menace existentielle qui justifie de tout sacrifier au militarisme, mais apparemment il peut l’inviter au pied levé pour discuter le bout de gras à Paris]. 2) Dînons ensemble à Paris jeudi avant que vous ne repartiez aux États-Unis. »
Lequel de ces petits problèmes de la marche du monde ne pourrait pas être réglé autour d’une bonne bouffe ?
Raphaël Preston