Derrière les façades ravalées du centre-ville, la réalité pour ceux qui y travaillent et y vivent n’a rien d’une partie de plaisir. Les propriétaires immobiliers préfèrent louer peu mais cher que beaucoup à un prix abordable, et 12 000 logements restent vacants. Résultat : les couches populaires s’entassent loin du centre, où les galères de transports sont le lot quotidien. Les travailleurs de Transports Bordeaux métropole, réseau exploité par Keolis, sont d’ailleurs en première ligne de réorganisations décidées dans leur dos et du sous-effectif sur les lignes les plus fréquentées. Et au CHU de Pellegrin, les soignantes voient le plafond de l’hôpital s’écrouler sur les lits ! Pourtant l’argent ne manque pas : des géants de l’armement 100 % terroir, comme Dassault, se gavent de subventions publiques et savent trouver dans l’augmentation des budgets militaires de quoi remplir leurs carnets de commandes. Les fermetures de sites se multiplient, comme Walor à Blanquefort, ex-Ford, ou OI-Glass à Vayres. Mais c’est bien de notre travail que vivent les magnats de la région, dont ceux de l’industrie du vin ! Notre liste, menée par Esteban Nadal, étudiant de 23 ans, et Nora Zakri, interne à l’hôpital de Libourne, fera entendre le monde du travail et ses luttes. Pendant nos porte-à-porte, des aides-soignantes, maçons, livreurs et des chômeurs ont fait état d’un même ras-le-bol. En nous voyant passer dans un immeuble, un habitant lançait : « Il faut tout faire péter. » Et comment !