Nos vies valent plus que leurs profits

Droit de se faire exploiter mais pas de voter ?

Les élections municipales approchent, et, encore une fois, des millions de personnes n’auront pas le droit de voter, car de la « mauvaise nationalité » ou trop jeunes.

En France, à 16 ans, on a le droit de se faire exploiter au travail pour remplir les poches des patrons (et même plus tôt, pour des stages ou l’apprentissage). On peut même mourir au travail comme c’est arrivé l’an dernier à un lycéen de bac pro de 17 ans dans une usine de Saône-et-Loire ou à un apprenti de 16 ans dans le Maine-et-Loire, et bien d’autres. Alors oui, même à 16 ans, on devrait avoir le droit de voter, d’exprimer son point de vue et ses idées dans les urnes.

Heureusement, les jeunes n’attendent ce droit pour s’engager et faire de la politique, bloquer leur lycée face aux injustices, ou descendre dans la rue en soutien à la Palestine. Et ils ont bien raison !

Inégalité face au vote également pour tous les étrangers résidant et travaillant en France. En première ligne dans bien des secteurs de l’économie, considérés comme main-d’œuvre bon marché pour le patronat, surexploités au travail, les étrangers qui vivent en France sont eux aussi privés du droit de vote (sauf ceux de l’Union européenne aux Municipales et aux Européennes).

La gauche institutionnelle a longtemps promis le droit de vote, mais uniquement aux élections locales. C’était une des 110 propositions de Mitterrand en 1981, la 50e promesse du programme de Hollande en 2012 qui a préféré finalement la casse du Code du travail et la chasse aux Rroms. La FI le défend aujourd’hui dans son programme. Mais pourquoi se contenter des élections locales ? Les étrangers n’auraient pas leur mot à dire sur la politique nationale ? « On vit ici, on bosse ici, on reste ici », eh bien ils devraient pouvoir voter ici ! Au-delà du droit de vote, il faut en finir avec toutes les discriminations et toutes les politiques racistes et anti-immigrés ! Des papiers et des droits pour tous !

Bart Ruz