Nos vies valent plus que leurs profits

Un an de Trump au pouvoir — Le visage sans fard de la bourgeoisie !

En un an, Trump a chamboulé les relations internationales, redessinant la carte des zones d’influence en exigeant toujours davantage pour l’impérialisme américain : c’est ce qu’il a appelé la « doctrine Donroe », contraction de Donald Trump et de Monroe, le cinquième président des États-Unis qui, au XIXe siècle, voulait faire de l’Amérique latine l’arrière-cour de l’impérialisme américain naissant face aux puissances européennes.

Trump est intervenu dans les élections en Argentine, au Chili, au Honduras, encourage l’extrême droite dans tous les pays… Il veut s’arroger le pétrole du Venezuela, mais aussi le Groenland et son sous-sol. Il a obtenu la signature d’accords lui offrant les ressources de l’Ukraine et de la République démocratique du Congo.

Quant aux puissances européennes, il les traite en vassales. Il fait au grand jour ce que les puissances dominantes ont toujours fait vis-à-vis des autres, mais souvent en coulisse. Car le monde capitaliste, c’est la jungle où règne la loi du plus fort : Trump se contente de l’afficher. Son arme : brandir des droits de douane exorbitants pour ceux qui n’accepteraient pas ses conditions. On l’a encore vu avec les menaces qu’il fait peser sur les pays européens qui s’opposeraient à ses visées sur le Groenland.

Ce n’est pas Trump qui a déclenché la guerre des matières premières. Poutine, avec la guerre en Ukraine, l’avait intensifiée, mais elle existait déjà ailleurs sur le dos des peuples, notamment en Afrique, pour la possession des minerais dont l’industrie a besoin. Biden avait d’ailleurs profité de la guerre en Ukraine pour imposer le gaz de schiste américain à l’Europe.

Mais, à l’intérieur même des États-Unis, Trump doit faire face à une baisse de popularité qui peut annoncer un regain des luttes, comme la mobilisation actuelle dans le Minnesota peut le laisser espérer. Outre la lutte contre l’immigration, qui se traduit par les exactions des sbires de l’ICE, il avait axé sa campagne électorale contre la hausse des prix, qui avait culminé sous Biden. Mais, comme ici, les prix n’ont pas baissé pour retrouver leur niveau d’avant le Covid : l’inflation, même si elle a diminué, reste à un niveau élevé (2,7 % fin 2025) et les hausses des prix sont particulièrement importantes dans l’alimentation, les loyers et dans la couverture Santé (Trump a annulé l’extension de l’Obama Care mise en place par Biden, une catastrophe annoncée pour des dizaines de milliers de familles parmi les plus pauvres en 2026).

La hausse des droits de douane, supposée inciter les entreprises à investir directement aux États-Unis et y créer des emplois, n’a pour l’instant donné que de vagues promesses. Son seul « succès » est une augmentation des rentrées fiscales : les droits de douane perçus par l’administration américaine sont passés de 7 à 30 milliards de dollars par mois entre le début et la fin de 2025. Des montants qui ne bouchent cependant pas l’énorme déficit du budget dû aux exonérations fiscales et aux cadeaux faits aux plus riches. Un déficit qu’on demandera aux classes populaires de combler. Avec, fort heureusement, les luttes que cela annonce !

Jean-Jacques Franquier

 

 


 

 

Sommaire du dossier du numéro 49 de Révolutionnaires