Les institutions culturelles et de recherche, ainsi que les chercheurs, sont dans le viseur de Trump. Femme (pas homme !), genre, diversité, inégalité, discrimination, climat, justice climatique font partie des mots interdits dans les recherches scientifiques. Et gare à ceux qui les utilisent : leurs financements peuvent être coupés, leurs postes supprimés. Il s’agit de discréditer et d’empêcher les recherches universitaires analysant l’exploitation, les oppressions, les causes et effets du dérèglement climatique, les résistances populaires.
L’offensive s’est accompagnée de coupes dans les crédits d’organismes de recherche sur le climat, du ministère de l’Éducation, du limogeage de milliers de fonctionnaires chargés de la lutte contre les épidémies et des programmes publics de vaccination, d’interventions de la police de l’immigration ICE pour arrêter des étudiants étrangers sur des campus, etc.
Tout cela avec la complaisance des directions de grandes universités, qui se sont même parfois prises au jeu de la répression. Comme dans le cas du licenciement de l’historien et militant socialiste révolutionnaire Tom Alter, professeur à l’université du Texas, viré du jour au lendemain pour avoir pris la parole dans une réunion militante en ligne.
L’administration Trump s’en prend aussi aux écoles, aux archives publiques, aux musées et même aux parcs et monuments nationaux accusés de promouvoir l’idéologie « woke » – des idées « de gauche » dans le langage Maga – et une vision dégradante de l’histoire du pays.
La Smithonian, qui chapeaute les musées publics de Washington, a ainsi dû revoir le contenu de ses expositions pour supprimer toute critique des méfaits de l’esclavage ou du racisme. Tout doit être fait pour promouvoir le grand récit de l’exceptionnalisme des États-Unis, havre de liberté, porte-flambeau autoproclamé de la démocratie et de la civilisation occidentale.
Comme toute guerre idéologique, l’offensive trumpienne de réécriture de l’histoire et de falsification du raisonnement scientifique sert à légitimer l’oppression en mystifiant ses causes, à savoir la dictature de moins en moins voilée du capital. Effacer les traces des luttes sociales aux États-Unis est une condition de la mise en œuvre brutale d’une politique réactionnaire dans tous les domaines.
Sacha Crepini
Sommaire du dossier du numéro 49 de Révolutionnaires
- Un an de Trump au pouvoir — Le visage sans fard de la bourgeoisie !
- Une guerre idéologique tous azimuts
- Les migrants, boucs émissaires du trumpisme
- Les démocrates (enfin) prêts… mais à quoi ?
- Le 23 janvier, dans le Minnesota, journée « sans travail, sans école, sans achats » : ceux qui en ont assez de Trump commencent à le lui faire sentir