Nos vies valent plus que leurs profits

Les démocrates (enfin) prêts… mais à quoi ?

Faire le bilan d’un an de Trump à la Maison-Blanche, c’est aussi faire le bilan d’un an d’opposition pour les démocrates. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que le résultat est piteux.

Les hiérarques du parti sont restés silencieux dans les premiers mois de 2025. Prudence ? Pas vraiment. Trump y a vu une faiblesse et a multiplié insultes et menaces ! Lorsqu’une première réaction s’est dessinée au printemps dans divers secteurs de la société américaine, le parti a canalisé la colère vers des recours juridiques épuisants, en s’appuyant sur ses relais dans les associations de quartier.

En fait, les démocrates tiennent d’abord à montrer leur loyauté, non pas tant envers les institutions de la « démocratie » américaine – que Trump foule aux pieds et qu’ils ne protègent pas –, qu’envers la bourgeoisie des États-Unis dont ils servent aussi les intérêts. Avec quels aspects de la politique de Trump rompraient-ils s’ils revenaient aux affaires ? Bien malin qui pourrait le déterminer. Leur bras de fer sur le budget 2026 a certes occasionné cet hiver un de ces « shutdowns » (fermeture des services publics fédéraux, hormis… l’ICE bien sûr !) dont les Républicains étaient friands quand ils étaient dans l’opposition. Mais les sénateurs démocrates ont vite couché les pouces.

Alors que Trump déployait cet été la garde nationale dans plusieurs grandes villes démocrates, et aujourd’hui face aux violences de l’ICE (voir l’article ci-contre), les démocrates se contentent de priver les forces fédérales du soutien des polices locales qu’ils dirigent. En fait, leurs efforts sont tournés vers le renouvellement du Parlement lors des « midterms » de novembre 2026, les élections de mi-mandat. Ils gardent un pied dans tous les groupes qui se créent pour contrer l’ICE ou manifester contre Trump sous la bannière « No King »… pour mieux les emmener aux urnes à l’automne.

Leurs succès dans quelques élections locales ces derniers mois les confortent dans cette stratégie. À l’aile gauche du parti, certains voient un porte-étendard dans le nouveau maire de New York Zohran Mamdani. Mais le « socialiste » revendiqué a beau qualifier Trump de « fasciste » – lequel le traite de « 100 % cinglé communiste » –, ils ont posé ensemble tout sourire à la Maison-Blanche et confessent échanger des SMS toutes les semaines. L’art démocrate de négocier avec ses interlocuteurs républicains les confettis du programme social grâce auquel on a enterré les mobilisations ? Le bipartisme a de beaux jours devant lui…

Mathieu Parant

 

 


 

 

Sommaire du dossier du numéro 49 de Révolutionnaires