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Minnesota — Un mouvement de masse contre la terreur raciste

Article traduit du site du groupe révolutionnaire américain Speak Out Now

 

Des milliers de manifestants du Minnesota contre la police de l’immigration (ICE) à Minneapolis, le 23 janvier 2026. Photo de Lorie Shaull (https://www.flickr.com/people/number7cloud/).

 

Entre 50 000 et 100 000 personnes se sont rassemblées à Minneapolis dans l’après-midi du vendredi 23 janvier, par une température de –23 °C, pour exiger la fin de la récente campagne de terreur et de l’occupation de leur ville par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) et la police des frontières (Border Patrol). Une grande journée de mobilisation que beaucoup ont vue comme une grève générale ou un « black-out économique ». Le gouvernement fédéral a envoyé 3 000 agents masqués pour kidnapper, attaquer, brutaliser et, dans certains cas, assassiner toute personne considérée comme une cible ou un obstacle à Minneapolis et dans les environs.

En prévision de l’action de vendredi, une grande partie de la population, notamment les principaux syndicats, des organisations à but non lucratif, des associations locales et les églises, avait appelé à ne pas envoyer les enfants à l’école, ne pas se rendre à son travail, pour manifester ou participer à des activités visant à aider et à protéger leurs voisins immigrés. En grande partie sous la pression de leurs employés ou de leurs clients, plus de 600 entreprises et institutions ont fermé leurs portes pour la journée en signe de solidarité : musées, théâtres, restaurants et bars, salles de sport, magasins, salons de tatouage et bien d’autres encore. Une autre manifestation s’est déroulée à l’aéroport, de nombreux employés s’étant mis en arrêt maladie, cependant qu’un blocage était organisé par des chefs religieux et des membres locaux du clergé afin de perturber le principal goulot d’étranglement de la machine à expulser de l’ICE dans le Minnesota.

« Le Minnesota fait fondre l’ICE »

Les actions menées vendredi ont été le point culminant de l’activité déployée par les habitants du Minnesota au cours des dernières semaines pour défendre la ville contre l’ICE et la police des frontières. Des mégaphones, des cornes de brume supporter et des slogans tels que « Minnesota’s got the ICE melt » (le Minnesota fait fondre la glace – jeu de mot sur le nom ICE de la police de l’immigration) résonnent jour après jour dans les Twin Cities – les villes jumelles de Minneapolis et Saint-Paul –, malgré le froid glacial. Des manifestations régulières ont lieu devant les bâtiments du gouvernement fédéral, les centres de détention, les zones de rassemblement de l’ICE et les hôtels où sont logés ses agents. Des gens qui n’ont jamais milité rejoignent chaque jour, de plus en plus nombreux, les équipes de défense contre l’ICE, armés de sifflets et des appareils photo de leurs téléphones pour alerter leurs voisins lorsque l’ICE ou la police des frontières est repérée et pour documenter les abus des agents. Des réseaux élaborés de distribution de nourriture et autres produits de première nécessité ont été mis en place pour les personnes qui ne peuvent pas quitter leur domicile en toute sécurité.

Les habitants du Minnesota ont bien raison de s’opposer à ces attaques ! Bien que les communautés somaliennes, hmong, latino-américaines et autres communautés immigrées soient particulièrement visées, c’est toute la région des Twin Cities qui a été durement touchée. Il y a deux semaines, un agent de l’ICE a assassiné Renée Good, qui observait les activités de l’ICE depuis sa voiture lorsqu’elle a reçu trois balles dans la tête. Depuis, les agents fédéraux ont recommencé à kidnapper des enfants d’à peine cinq ans, même en l’absence de leurs parents ; en assumant de violer l’obligation légale d’obtenir un mandat pour pénétrer dans un domicile ou une entreprise ; et ils ont continué à utiliser des techniques d’étranglement mortelles interdites. Ils ont même – et il ne s’agit certainement pas d’un cas unique – enlevé un homme âgé, originaire de l’ethnie Hmong mais citoyen américain, sous la menace d’une arme à feu à son domicile, le forçant à sortir en sous-vêtements dans le froid glacial. Ils ont également répondu aux manifestations avec un niveau de violence similaire : la Une récente du Minneapolis Star Tribune montrait l’image pleine page d’un manifestant aspergé de spray au poivre après avoir été menotté et plaqué au sol. Samedi 24 janvier, des agents fédéraux ont à nouveau assassiné un manifestant, l’infirmier Alex Pretti, qui s’opposait à leurs attaques : juste avant que les agents ne le plaquent au sol et ne lui tirent dessus, Pretti protégeait un autre manifestant que les agents aspergeaient de spray au poivre. Ses derniers mots, entendus sur une vidéo prise par un passant, ont été : « Ça va ? »

Le maire de Minneapolis a dit s’opposer aux attaques de l’ICE et de la police des frontières, mais reproche aux manifestants de riposter. Mais il s’agit d’une lutte pour la survie ! La résistance organisée, mobilisant de nombreuses personnes contre les attaques racistes du gouvernement menée par les travailleurs sur leur lieu de travail et tous les citoyens du Minnesota partout ailleurs est la seule voie.

24 janvier 2026