Nos vies valent plus que leurs profits

La tragédie du peuple kurde

Les forces militaires du nouveau pouvoir syrien dirigées par l’ex-djihadiste Ahmed al-Charaa, reconverti en démocrate pro occidental, ont entrepris de liquider l’enclave kurde du Rojava qui comprenait des régions peuplées majoritairement de Kurdes comme celle de Kobané et d’autres peuplées majoritairement d’Arabes comme celle de Rakka. Les FDS kurdes avaient conquis ces dernières à la faveur de la guerre contre Daech avec le soutien de l’armée américaine. C’est ce soutien qui avait permis la constitution du Rojava comme entité indépendante. Cette situation inquiétait le président turc Erdoğan qui voyait d’un mauvais œil la présence d’un embryon d’État kurde à ses frontières, alors que la Turquie compte 15 millions de Kurdes, soit 20 % de la population. Dès que le feu vert lui a été donné par les États-Unis, al-Charaa a entrepris de chasser les Kurdes avec la complicité d’Erdoğan. Les Kurdes du Rojava, se retrouvent pris en étau entre les armées syriennes et turques.

Une fois de plus, les nationalistes kurdes sont donc abandonnés par les puissances impérialistes et régionales qui les ont utilisés comme supplétifs contre leurs ennemis du moment. De tels retournements d’alliances n’ont quasiment jamais cessé depuis un siècle et les Kurdes en ont toujours été les victimes. C’est le prix d’une politique étroitement nationaliste de leurs dirigeants qui a consisté à compter sur les grandes puissances et toutes sortes de compromis régionaux, y compris avec des dictateurs comme Bachar el-Assad et avec Israël, pour tenter de se tailler une petite place au Moyen-Orient plutôt que de s’adresser aux travailleurs et aux peuples de la région.