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Périscolaire parisien : que faire ?

Le 29 janvier, Cash Investigation donnait la parole à des parents, des animateurs et animatrices, et des responsables de la ville de Paris sur les faits de violence dans le périscolaire. L’émission montre, faisant état des violences subies, les réponses aberrantes de l’adjoint à la mairie de Paris, qui admet que les « dysfonctionnements » sont mis sous le tapis. Les très nombreux signalements de parents, qui s’appuient sur les récits d’enfants rapportant des agressions à caractère sexuel, ont poussé, début décembre 2025, la mairie de Paris à nommer une « défenseure des enfants ». Mi-décembre, elle avait déjà reçu 150 saisines pour des faits d’agressions sexuelles.

Quarante animateurs ont été suspendus en 2025 et une quinzaine d’enquêtes sont ouvertes. Ces scandales de maltraitances dans le périscolaire ne sont pas isolés. Dans toutes les structures qui accueillent les enfants, les parents dénoncent des mauvais traitements, qui vont de la punition collective jusqu’aux agressions sexuelles. Le recrutement et la formation des agents laissent à désirer. Mais il y a une raison à cela : il ne s’agit pas de « dysfonctionnements », mais d’un système qui fonctionne grâce au précariat.

Dans les écoles parisiennes, 8500 agents d’animation sont vacataires. Cela coûte moins cher d’embaucher des agents non titulaires, payés en dessous du Smic. Davantage de personnel, formé et stable sur les postes, et des conditions de travail correctes, protégeraient l’intérêt des enfants. Pour lutter contre les prédateurs sexuels, l’embauche de personnel formé semble une réponse évidente. Une circulaire de 2015 recommande d’ailleurs de ne pas laisser les enfants seuls dans des espaces confinés (de type coin lecture, dortoir, etc.) avec un seul adulte. Cette circulaire n’est toujours pas appliquée en 2025, par manque d’effectifs. Le périscolaire connaît énormément de turn-over, des salariés recrutés pour des temps courts, pour des tâches extrêmement mal payées. À Rouen par exemple, la surveillance des cantines est rémunérée six euros de l’heure. Économies sur les repas, enfants quasiment privés de nourriture pendant la journée, punitions collectives : c’est le cas à la ville de Paris, mais aussi dans les crèches…

Certes, il faut dénoncer le fait que la ville de Paris couvre souvent ces affaires, le fait que leurs auteurs continuent d’exercer un métier qui les met au contact d’enfants qui deviennent alors de potentielles victimes. Mais la véritable perspective pour mettre fin à ces horreurs, réside dans la lutte des salariés et des usagers des écoles ou des crèches pour revendiquer les moyens qui permettraient de s’occuper correctement des enfants.

Mona Netcha