Jusqu’au 1er mars – 15 € (gratuit pour les moins de 25 ans)
Magellan et les prémices de la mondialisation capitaliste
Si l’on passe outre les panneaux à la gloire de la CMA-CGM, troisième compagnie du monde de transport en conteneurs, et de l’armée française, on découvre dans ce musée une exposition remarquable sur le navigateur portugais qui a cherché à finir le périple entrepris par Christophe Colomb. Particulièrement immersive, l’exposition met des noms et des visages sur cette aventure et, dans chaque salle, de nombreux objets ainsi que des statistiques aident à comprendre précisément les tenants et aboutissants du voyage. Un documentaire réalisé pour l’occasion accompagne le parcours : constitué d’un film d’animation et d’interviews d’historiens, c’est une franche réussite1.
On en apprend beaucoup sur la rivalité économique entre l’Espagne et le Portugal, et les débuts de la colonisation. C’est ce contexte qui a rendu possible l’émergence d’aventuriers aux dents longues, typiques d’une bourgeoisie qui se lance à l’assaut du monde.
Un des aspects les plus réussis de l’exposition est la description du rapport aux peuples qui habitaient les terres conquises, les « indigènes ». La brutalité de la colonisation est abondamment décrite. Et on comprend le changement radical qu’implique la découverte de sociétés humaines autrefois inconnues. Comme le résumait leur contemporain Montaigne : « Notre monde vient d’en trouver un autre. »
On peut se procurer à la sortie deux livres instructifs. Le premier est le récit de voyage poignant de Pigafetta, présent lors de l’expédition, un des rares revenus vivants au Portugal. Le second est le Magellan de Stefan Zweig, le grand écrivain autrichien de l’entre-deux-guerres qui, avec un style remarquable, se montre particulièrement sensible au bouleversement historique représenté par ce voyage.
Robin Klimt
