Ci-dessous un article paru dans Rennes Infos Autrement
Par jean-christophe collet, 09/02/2026
Il est jeune. Mais il a la détermination d’un militant aguerri. À un peu plus de vingt ans, Victor Darcissac est tête de liste pour Rennes ouvrière et révolutionnaire, présentée par le Nouveau Parti anticapitaliste Révolutioinnaires, aux élections municipales de Rennes. Classé à l’extrême gauche, plutôt trotskyste, il contredit l’idée d’une jeunesse qui ne se préoccupe pas des questions de notre temps. Installé place Sainte-Anne, devant un café brûlant, l’étudiant en géographie à Rennes 2 choisit ses mots avec calme mais fermeté. Loin des postures institutionnelles, il assume un discours de rupture, critique à la fois de la droite, de la gauche gouvernementale et d’un système qu’il juge profondément inégalitaire. « Nous sommes le parti des travailleurs et des ouvriers », affirme-t-il d’emblée. Derrière cette ligne claire, revendiquée, Victor Darcissac dénonce la France d’Emmanuel Macron, celle des centres-villes gentrifiés et des classes favorisées. Ce qui le motive : « la défense des plus pauvres, des laissés-pour-compte ».
Une liste pour faire irruption dans le débat
Sa candidature n’est pas pensée comme une conquête du pouvoir à tout prix. «Les élections ne changent pas les choses», explique-t-il. « Mais on y va pour s’en servir comme tribune, pour présenter nos idées et faire irruption dans les débats habituels. » Composée majoritairement de jeunes et de travailleurs, sa liste revendique une moyenne d’âge autour de 20-25 ans. « Ceux qui font tout tourner dans notre société ne sont pas souvent représentés », insiste-t-il, « alors que ce sont eux qui font fonctionner la société ».
Localement, la liste avance des propositions radicales. «À Rennes, il y a 12 000 appartements vides», rappelle-t-il. «Nous militons pour leur réquisition afin de lutter contre la spéculation immobilière et la crise du logement. » Contre l’exclusion sociale, la revendication est nette et sans bavure. « Nous ne voulons pas un salaire en dessous de 2 000 euros. L’argent existe, mais il va dans les aides au patronat et dans l’armée ».
Victor veut la régularisation de tous les sans-papiers. « Ce sont eux qui font les boulots les plus ingrats », estime-t-il.
Pour la sécurité, Victor Darcissac refuse les réponses qu’il juge simplistes. «On mélange tout pour taper sur les immigrés et les jeunes des quartiers », estime-t-il. Pour lui, le trafic de drogue est avant tout le symptôme d’un abandon social. «Notre système n’offre rien d’autre que la misère ou le chômage », ajoute-t-il. Même logique sociale sur la culture. «Quand on bosse en horaires décalés ou qu’on galère financièrement, on n’a pas le temps ni les moyens de se cultiver », observe-t-il.
Face aux critiques sur la dispersion des voix à gauche, Victor Darcissac assume totalement. « On nous dit souvent qu’on divise la gauche », concède-t-il, avant d’ajouter : « pour nous, l’unité qui compte, c’est l’unité dans la rue, dans les luttes contre les coupes budgétaires qui touchent toujours « les secteurs utiles à la population : la culture, la santé, l’éducation. » Étudiant, mais déjà engagé depuis le lycée contre la réforme des retraites, Victor Darcissac ne nie pas son inexpérience. Elle sera sans doute utilisée contre lui. Mais une chose est sûre : on ne pourra pas lui reprocher le manque de convictions ni l’envie de proposer un autre horizon politique. La campagne de son mouvement se veut militante et ancrée sur le terrain. « Nous organisons des comités de campagne toutes les semaines », précise-t-il. Un premier grand meeting est prévu le 3 mars à 18 h 30 au PolyBlosne.