Au 3 octobre 2025, selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés, 5 192 110 personnes venues d’Ukraine ont été enregistrées à travers l’Europe, soit 12 % de la population du pays avant le déclenchement de la guerre ; 560 560 autres ont été enregistrées hors d’Europe, soit 6 millions au total à travers le monde depuis le début de la guerre à grande échelle. Jusqu’à 8 millions d’Ukrainiens ont bougé, mais certains sont retournés en Ukraine. Face à l’afflux, l’Union européenne (UE) avait activé le 4 mars 2022 une directive dite de « protection temporaire », permettant d’obtenir droit de séjour automatique, accès à un logement, travail, aides sociales et médicales, et éducation pour les enfants et jeunes non accompagnés.
C’est l’Allemagne qui compte le plus d’Ukrainiens sous ce statut privilégié (par rapport aux autres migrants venus, par exemple, de Syrie ou d’Afghanistan), avec 1 182 700 personnes en septembre 2025. La Pologne en compte 1 005 005, la République tchèque 388 515… La France de Macron et de Retailleau-Darmanin 52 455, à juste titre peu jugée terre d’accueil !
Allemagne, terre d’accueil
Selon le registre central des étrangers, il y aurait en Allemagne, au 22 janvier 2026, 1,3 million de réfugiés ukrainiens, dont 360 000 enfants et jeunes de moins de 18 ans (130 000 d’entre eux étant en âge d’aller à l’école primaire). Les adultes ont droit à des cours dits d’intégration, dont des cours de langue allemande, qui donnent de fait accès à un travail. Sur les migrants ukrainiens, souvent hautement qualifiés, près de 50 % ont trouvé un travail, mais pas à leur qualification. Ils sont dans l’hôtellerie, la restauration, le nettoyage, l’éducation et le travail social… les femmes dans l’aide à la personne.
L’heure est aux raidissements xénophobes
Avec le temps qui passe et les politiques d’austérité qui s’installent, le sort des réfugiés ukrainiens se dégrade. Le gouvernement allemand veut quasiment supprimer l’offre de cours de langue. Le gouvernement norvégien invoque des conditions prétendues « sûres » dans l’ouest de l’Ukraine pour refuser l’asile automatique. La République tchèque refuse désormais aux réfugiés un hébergement gratuit au-delà de 90 jours après leur arrivée. Les Pays-Bas ferment des centres d’accueil.
Même les pays les plus accueillants, comme l’Allemagne (incomparablement plus que la France de Macron !) montrent que les politiques restent régies par les intérêts patronaux, économiques mais aussi politiques quand il s’agit d’encourager un racisme montant qui divise les travailleurs. Chair à canon, chair à patron… il va falloir sortir de ce piège capitaliste !
M.V.
Sommaire du dossier
- Quatre ans de guerre en Ukraine, deux millions de morts et blessés sur les fronts, pour des marchandages sur le dos des peuples
- Les Ukrainiens en Europe : immigrés choyés ou travailleurs exploités ?
- Pourquoi l’Ukraine n’a jamais intégré l’Union européenne
- Zelensky en guerre au service des capitalistes d’Ukraine
- Russie : derrière la répression, une contestation continue de la guerre