Nos vies valent plus que leurs profits

Pourquoi l’Ukraine n’a jamais intégré l’Union européenne

Dès 1996, le président ukrainien Koutchma affirmait que sa priorité était l’intégration de son pays à l’Union européenne. Trente ans plus tard, l’Ukraine n’est toujours pas membre de l’UE. Loin de nous l’idée que l’adhésion de l’Ukraine à l’entente de brigands capitalistes qu’est l’UE serait favorable au sort des travailleurs. Force est pourtant de constater que, derrière leurs grandes déclarations d’amour pour le peuple ukrainien qu’il s’agirait de protéger de l’autoritarisme de PDès 1996, le président ukrainien Koutchma affirmait que sa priorité était l’intégration de son pays à l’Union européenne. Trente ans plus tard, l’Ukraine n’est toujours pas membre de l’UE. Loin de nous l’idée que l’adhésion de l’Ukraine à l’entente de brigands capitalistes qu’est l’UE serait favorable au sort des travailleurs. Force est pourtant de constater que, derrière leurs grandes déclarations d’amour pour le peuple ukrainien qu’il s’agirait de protéger de l’autoritarisme de Poutine, les Macron et Merz ne cessent de remettre aux calendes grecques l’entrée du pays dans une UE où ils font pourtant la loi. outine, les Macron et Merz ne cessent de remettre aux calendes grecques l’entrée du pays dans une UE où ils font pourtant la loi.

Les accords d’association UE-Ukraine : ouverture à des capitaux européens

Les dirigeants ukrainiens successifs, représentants d’oligarques, calculant leurs meilleurs appuis économiques côté russe ou côté occidental (ou les deux !), ont attendu le 28 février 2022 pour déposer une candidature d’adhésion à l’UE. C’est-à-dire le début de la guerre. Auparavant, l’UE et l’Ukraine avaient signé deux accords dits d’association économique et politique, en 1994 et en 2014. L’accord de 1994 formalisait une certaine intégration de l’Ukraine, ex-pays de l’URSS, à l’ordre international mais, surtout, ouvrait le pays aux capitaux étrangers : entre autres à des groupes européens comme Bayer (1992) ou Limagrain (2000), même si l’économie ukrainienne était encore fortement liée à la Russie (90 % de la consommation de pétrole et de gaz en provenaient). À signaler des frictions entre capitalistes ukrainiens, ceux investis dans la métallurgie, les réseaux de pétrole et gaz, commerçant beaucoup avec la Russie ; d’autres, dans l’agroalimentaire, cherchant à augmenter leurs exportations vers l’UE. Il a fallu encore quelques années pour que l’Ukraine se détache davantage de la Russie et demande à rejoindre l’Europe, un des enjeux de la mobilisation sociale de Maïdan et de la chute du dictateur Ianoukovytch en 2013-2014.

Au nom de la démocratie, ou des profits ?

La guerre lancée par Poutine a eu pour effet de faire basculer le monde capitaliste ukrainien vers l’Europe, dont les institutions ne sont pourtant pas pressées d’intégrer le pays. Parce que sa gouvernance ne serait pas assez démocratique ou anti-corruption ? Non. Si l’UE en est encore à ne donner à l’Ukraine qu’un statut de « candidat », c’est parce que, tout particulièrement dans le secteur de l’agriculture, les céréaliers français (pour ne citer qu’eux) n’ont pas envie de la concurrence ukrainienne.

Une question de blé et d’oseille !

Arvo Vyltt

 

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