
Lundi 16 février 8 heures du matin, les barnums sont de sortie devant le site de production de médicaments de Cenexi à Fontenay-sous-Bois dans le Val-de-Marne. Le piquet de grève se monte pour la troisième fois depuis le début des NAO (négociations annuelles obligatoires).
Les grévistes se rassemblent progressivement, indignés par la proposition du PDG : 30 euros brut d’augmentation : « Ça se voit qu’ils connaissent pas le coût de la vie. »
La colère est profonde. Il faut dire que depuis plus d’un an, la direction ne lésine pas sur les attaques. Accélération des cadences, mépris des chefs, réduction du personnel… Le tout sur du matériel défaillant, car à Cenexi, rien ne fonctionne correctement. Depuis des mois, la direction n’a qu’un mot à la bouche : des efforts ! Et c’est toujours aux ouvriers de les faire. Une politique patronale rentable… Pour les actionnaires ! Les profits de Gland Pharma (détenteur du groupe) ont été « boostés » par Cenexi, mais pas les salaires. 30 euros brut, c’était la goutte de trop. Lors du piquet, les salariés votent leurs revendications : ce sera 100 euros net, pas moins. Tous reconnaissent même que c’est trop peu. Et puis ils décident d’aller lui dire directement, au patron, alors tout le monde monte calmement dans les bureaux. Dans les étages, panique à bord : ils n’ont pas l’habitude de parler aux ouvriers quand ceux-ci sont en surnombre ! Forcé de s’adresser aux grévistes, le patron n’a réussi qu’à renforcer leur combativité, autant de mépris ça ne s’invente pas. « S’il y avait eu une caisse de tomates, il se les serait prises à la figure ! » Résultat, une journée de grève réussie et reconduite au lendemain pour la deuxième fois consécutive. Tant que les grévistes garderont le contrôle sur leur mouvement, ils pourront en exploiter tout le potentiel, combattre les mensonges de la direction sur la santé de l’entreprise et ses tentatives de division par des éventuelles primes ou augmentations individuelles (avec la même enveloppe !). Pour le renforcer, ils devront aller convaincre le reste de leurs collègues, à plus de 150 grévistes par journée, tous les possibles sont ouverts ! Correspondant« Le PDG, il a sué comme un cheval » !