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À Cenexi Fontenay-sous-Bois (94), le mouvement continue

Piquet de grève – Le 17 février 2026

« Vendredi 27 février, douzième jour de grève à Cenexi pour les salaires – Permanence de la grève », l’annonce est affichée sur le barnum rouge installé devant l’usine de production de médicaments de Fontenay-sous-Bois. Depuis le 13 février, elle est déployée chaque matin, aux côtés des banderoles annonçant les revendications des grévistes : « Augmentation générale des salaires – 100 euros net pour tous », « 27 accidents de travail en 2025, 6 accidents du travail depuis le début de l’année : on ne veut pas mourir au travail ».

La grève a commencé à l’occasion des NAO (négociations annuelles obligatoires), au cours desquelles le PDG a proposé 20 euros bruts d’augmentation de salaire. « Une insulte !» Les conditions de travail sont, elles aussi, au cœur des revendications : les cadences, le matériel défectueux, les accidents du travail…

La grève aux grévistes

Du 13 février au 23 février, la grève a été reconduite chaque jour en assemblée générale de grévistes (syndiqués ou non), sous l’impulsion de quelque 150 grévistes dont une forte délégation est allée demander des comptes à la direction, a fait signer une pétition à près de 400 collègues des secteurs de production, s’est réunie pour écrire et publier un tract à destination des collègues, a géré la caisse de grève, fait le pointage des grévistes, téléphoné aux médias, discuté avec les habitants du quartier qui passent soutenir la grève. Que tant de grévistes s’organisent par leurs propres forces, à l’étonnement de certains syndicalistes, voilà qui ne s’était pas encore vu dans l’entreprise. Les grévistes ont pu compter sur l’aide de militants syndicaux d’entreprises proches (dont Sanofi), comme sur la visite de militants politiques (de Lutte ouvrière et bien sûr du NPA-Révolutionnaires qui publie depuis des années un tract régulier dans cette entreprise).

Mais en dix jours, cette détermination et ce dynamisme ne sont pas venus à bout de la résistance patronale et à partir du 24 février, la grève totale a fait place à des débrayages d’une à trois heures, en début ou en fin de service, permettant de continuer à tenir une assemblée générale quotidienne. Si les modalités ont changé, la colère est restée intacte. Même moins nombreux qu’au début, des grévistes ont continué à se retrouver tous les jours, convaincus que leur force résidait dans leur organisation, et qu’ils allaient devoir continuer à convaincre leurs collègues de rejoindre ce mouvement. « On voit que les débrayages marchent moins bien, et puis il y a les problèmes d’argent aussi, mais on voit qu’il n’y a que la grève qui peut vraiment bloquer la production. » Le 27 février, les grévistes ont voté la levée temporaire des débrayages. L’assemblée générale s’est donné l’objectif de poursuivre en organisant une journée d’action mi-mars. Syndiqués ou non syndiqués, il s’agit de convaincre les collègues de renforcer la mobilisation, car les revendications ne sont pas satisfaites.

« On ne lâchera rien ! »

À Cenexi, les plus bas salaires tournent autour de 2000 euros brut, soit moins de 1600 euros net : « Dès le 10 du mois, on est dans le rouge. » Des revendications qui concernent tous les travailleurs et travailleuses. C’est pour ça que les grévistes sont allés distribuer un tract à destination des travailleurs de Fontenay-sous-Bois à la gare la plus proche.

Des liens se renforcent aussi avec les travailleurs de Sanofi, dont la présence régulière sur le piquet est toujours appréciée. Prochaine étape, préparer une grosse journée de grève le mois prochain, continuer de se réunir et de s’organiser, car le mouvement continue !

Correspondants

 

Lien avec la cagnotte des grévistes