Dès le mardi 9, 200 accompagnants éducatifs, éducs spé et moniteurs éducs étaient en grève et réunis devant le siège de l’Afiph (Association familiale de l’Isère pour personnes handicapées). Avec 2300 salariés et 80 établissements et services dans le champ du handicap, cette association créée en 1961 est l’un des principaux employeurs du département. Son directeur est par ailleurs représentant du syndicat patronal du social. Depuis plusieurs années, il tente de s’attaquer aux 18 jours de congés trimestriels inscrits dans un accord d’entreprise depuis 1999. Face à la mobilisation, l’accord à toutefois dû être prorogé d’un an, pour la troisième année consécutive.
Forts de cette petite victoire, les salariés du social ont pu s’emparer de la date du 10 septembre. Plusieurs d’entre elles et eux ont rallié le rendez-vous donné par les étudiantes d’Océlia, l’école en travail social… dont la direction avait, la veille, tenté d’intimider les élèves qui souhaitaient pouvoir se réunir dans l’école et s’absenter de cours pour participer à la manif. En 2023, la même école avait vu la majorité de ses étudiantes se réunir en assemblées générales et affronter leur direction durant plusieurs mois, jusqu’à arracher ce droit de se réunir et d’aller manifester, mais aussi des moyens supplémentaires pour assurer l’accompagnement dans la recherche de stage et assurer un service de restauration au tarif du Crous.
La direction est revenue sur l’ensemble de ces mesures mais garde en travers de la gorge le fait d’avoir dû céder face à la mobilisation étudiante. Un côté revanchard qui n’est pas spécifique aux écoles puisque la même semaine, vendredi 12, deux syndicalistes de l’Apajh (autre association dans le champ du handicap) étaient convoqués à des entretiens préalables au licenciement pour avoir alerté sur un danger grave et imminent dans l’un des services.
C’est toute cette situation, une certaine combativité qui se heurte à un patronat prompt à réprimer, que les grévistes du secteur ont pu discuter en assemblée générale le matin du 10 septembre. Un temps précieux pour rompre l’isolement des petites « assos » ou structures de travail, et aussi pour organiser une délégation chargée de s’adresser aux manifestants du 10 septembre : une prise de parole a eu lieu à l’assemblée générale qui a réuni plusieurs milliers de personnes en fin de journée.
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