
Depuis plusieurs semaines, les manifestations lycéennes, étudiantes et pour les salaires peuvent compter dans leurs rangs quelques groupes de cheminots de différents sites.
Déjà le 29 septembre, alors que la plupart des directions syndicales à la SNCF n’appellent même pas à la grève, des travailleurs du rail décident quand même d’en être et se retrouvent dans la rue pour défiler ensemble avec la jeunesse.
Puisque la grève et la manifestation permettent de discuter collectivement des sujets qui nous concernent, mais aussi pour exprimer leur solidarité avec les jeunes, des cheminots se réunissent à nouveau le 6 octobre pour rejoindre les lycéennes et lycéens, cette fois identifiables avec des chasubles syndicales pour afficher leur soutien aux lycéens mobilisés.
Le 13, après avoir tracté dans une des grandes gares de la ville le matin même pour rejoindre les jeunes et appeler à la mobilisation, ils défilent, avec leurs chasubles syndicales ou même en tenue de travail ! Une banderole de fortune est même confectionnée sur le chemin avec les restes d’un panneau publicitaire arraché. Les jeunes sont ravis d’y lire : « Cheminots en grève avec les lycéens, on est là ! »
Jour après jour, les discussions sur les lieux de travail vont bon train sur le mouvement, et le samedi 17 octobre est attendu par beaucoup de collègues, qu’ils aient décidé d’y participer ou non. Quelques cheminots prennent l’initiative d’un rendez-vous place Bellecour et un appel à la grève est même lancé sur la gare de la Part-Dieu. Le cortège grandit en nombre et cette présence est autant remarquée qu’appréciée par les dizaines de milliers de travailleurs et de jeunes présents sur la place.
Le 24 octobre, l’interdiction de toutes les manifestations sur Lyon n’aide pas à s’organiser. Pourtant, quelques cheminots se retrouvent pour discuter collectivement et se joindre à un des rassemblements de la ville. Ils passent l’après-midi ensemble, malgré une pluie de gaz lacrymogène et de multiples charges policières, aux côtés de la dizaine de milliers de manifestants dénombrés par la préfecture.
Ces petites équipes qui se sont constituées au rythme des manifs sont précieuses pour la suite. L’enthousiasme provoqué par la lutte des lycéens et des étudiants pourrait bien gagner les entreprises, et déjà la date du 5 novembre est discutée par beaucoup de travailleurs. Des assemblées générales sont appelées devant plusieurs lieux de travail et certains se disent que ça pourrait être le moment de se faire entendre pour de bon. Les cheminots qui ont rejoint le mouvement dès ses débuts, en se mettant en grève et en apparaissant dans les manifestations, ont bien conscience que les revendications qui ont été portées par les jeunes et les manifestants contre la vie chère sont aussi les leurs : augmentation des salaires et leur indexation sur l’inflation, investissements massifs dans les services utiles à la population et, pour les financer, taper dans les fortunes de la grande bourgeoisie ! Ils pourraient surtout réussir à entraîner leurs collègues avec eux le 5 et ensuite ! Mais pour que ce mouvement ne leur échappe pas, ils devront réussir à impulser des assemblées générales où les grévistes pourront décider eux-mêmes du rythme et des formes de leur lutte !
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