Série
Devil’s Playground
Au cœur du scandale des abus sexuels contre les enfants dans l’Église d’Australie
Mini-série en sept épisodes, sur Arte.fr jusqu’au 30 mai 2027

Années 1980, dans une petite communauté catholique aisée de Sydney. Un jeune garçon disparaît et un psychiatre, en rupture avec l’Église, enquête sur les agissements de prêtres officiant autour d’un établissement d’enseignement catholique. Les scènes alternent entre désarroi et déni des familles, les tentatives de certains enfants de se faire entendre et le milieu des hauts prélats qui se livrent une lutte feutrée entre « progressistes » et « traditionalistes », sur fond de crise des vocations. La série décortique les mécanismes d’emprise de la religion sur les enfants et leurs familles, mais aussi les logiques qui ont permis aux dirigeants de l’Église de couvrir des crimes sexuels de masse pendant des décennies. Les personnages et les situations sont inventées, mais l’histoire est vraie : depuis 1988, plus de cent prêtres et religieux australiens ont été accusés de crimes sexuels contre des enfants… mais ce n’est qu’en 2013 qu’une commission gouvernementale est mandatée pour mener l’enquête. La série est formidablement jouée, notamment par les jeunes comédiens. La mise en scène est suggestive, jamais voyeuriste, tout en créant un sentiment de malaise grandissant au fil des épisodes. Le propos, loin d’être critique à l’égard de l’institution religieuse en tant que telle, a le mérite de montrer le courage de celles et ceux qui ont dénoncé le caractère systémique de la pédophilie des religieux, et de lever le voile sur les complicités dont ont bénéficié les violeurs au plus haut niveau de la hiérarchie catholique et de l’État. À quand une série sur la pédophilie dans l’Église catholique française ?

S. Cr.