Roman
La casse
Eugenia Almeida
Métailié, 2024, en poche 2026, 224 p., 11 €
La casse, c’est le lieu où Durutti, petit chef mafieux de Buenos Aires, règle ses affaires. Entre la revente de bagnoles volées et les règlements de compte pour assurer le contrôle de son territoire, Durutti achète le silence des flics et de leurs chefs en exécutant leurs basses œuvres. Jusqu’à ce que le fragile équilibre se rompe… Une histoire de voiture, volée évidemment, sans lien avec Durutti. Une broutille qui fait vriller un petit prof de l’université et déclenche une réaction en chaîne, dévoilant tous les liens de corruption, jusqu’au sommet de l’État. Qui, parmi les pauvres pris en étau entre les mafieux, les flics et l’État, parviendra à s’en sortir ?
L’écriture de ce court roman noir est crue, violente parfois, à l’image du tableau de la société et du pouvoir en Argentine. Le style est réaliste, au service d’une intrigue croisée admirablement construite. La lutte quotidienne contre la pauvreté et l’oppression de divers personnages, hommes et femmes de différents milieux sociaux de quartiers de la ville, forment la trame de fond. Et pour que le pouvoir des puissants soit maintenu, leurs vies ne valent pas grand-chose…
Sacha Crepini
