À Suez Eau France ou dans sa filiale, la Sevesc, le mouvement de la jeunesse et les manifestations les samedis n’ont pas provoqué un changement d’ambiance radical : il y a toujours une tendance à garder ses impressions pour soi et à se montrer prudent lors de toute discussion collective. Les syndicats ronronnent. Mais, peu à peu, on sent quand même la température se réchauffer !

Notre milieu proche est bien impliqué dans les manifestations du samedi. Ce sont les mêmes que lors du mouvement des retraites de 2023 et qu’en septembre 2025. Certains ramènent des connaissances lors des manifestations : la fille d’une collègue et ses amis ; l’ex-colocataire d’un collègue ainsi que son frère ; un collègue non-syndiqué de la Défense avec toute une bande de potes.

Il n’est pas toujours facile de réussir à se retrouver dans ces manifestations du samedi. Mais on se les raconte ensuite au bureau ou sur le terrain, quand on n’est pas en télétravail. Les collègues sont friands des ambiances de manifestations lycéennes et sans doute que le 5 novembre et les jours qui précèdent seront l’occasion d’aller plus au contact de ces jeunes révoltés par un avenir peu reluisant.

Avec les plus proches, les discussions ont porté sur les violences des flics et les émeutes du 17 octobre, avec pas mal de fatalisme. Alors que la compassion pour les petits et plus gros commerçants est portée par de vieux cadres, ceux qui ont pris part aux manifs ou soutiennent juste les lycéens ne rentrent pas dans ces débats.

Évidemment, ce sont les mêmes qui sont choqués par les interdictions de manifester et par le caractère hors-sol inquiétant du pouvoir, de plus en plus autoritaire, autant que par l’apathie de la majorité des collègues.

L’attentat terroriste de Trappes fait aussi beaucoup discuter les collègues d’origine étrangère, sur le danger du RN au pouvoir dans un futur proche, et la peur de sortir de chez soi ou d’aller aux manifestations dès aujourd’hui.

Correspondants