
Dimanche 14 décembre, deux assaillants ont fait 15 morts et 42 blessés en tirant sur la foule rassemblée à l’occasion des célébrations de la fête juive de Hanoucca sur la plage de Bondi Beach à Sidney. L’un des deux a été désarmé par un immigré d’origine syrienne qui s’est courageusement interposé. Cet attentat antisémite a été mené par deux hommes vraisemblablement en lien avec l’État islamique. Un des terroristes avait fait l’objet d’une enquête en 2019, suite à ses relations avec un militant de l’EI, actuellement emprisonné.
L’instrumentalisation par les charognards
Cet acte de haine est à mettre en relation avec le monde endeuillé par des guerres sanglantes dans lequel nous vivons. Mais pas de la manière dont le fait Netanyahou, dirigeant de l’État israélien, soutenu par Trump et par les chefs d’État européens. Il a en effet aussitôt accusé le gouvernement australien d’avoir sa part de responsabilité dans ce massacre, pour avoir reconnu l’État de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre dernier, l’accusant d’avoir ainsi fait preuve de faiblesse et de n’avoir rien fait pour stopper la propagation de l’antisémitisme en Australie. Il instrumentalise la fusillade de Bondi Beach au profit de la criminalisation de tout soutien, même purement symbolique, à la cause palestinienne. Une criminalisation que nous continuons à subir en France, à travers la répression de toute expression de solidarité avec la cause palestinienne.
L’impérialisme sème la guerre, la haine et le racisme
Ce ne sont pas les manifestations qui ont eu lieu à travers le monde, particulièrement massives en Australie, pour dénoncer le génocide en cours à Gaza, qui sont responsables de cet attentat. C’est la politique des dirigeants du monde impérialiste qui en porte l’écrasante responsabilité. En semant la guerre aux quatre coins de la planète, ils sèment la dévastation et la misère, dans le cadre d’un véritable terrorisme d’État. Dans un passé pas si lointain, ce sont les États-Unis qui ont soutenu l’émergence de Al-Qaïda en Afghanistan, avant d’en être eux-mêmes la cible. Ce sont les guerres menées au Moyen-Orient qui ont ouvert la voie à l’État islamique. Les victimes de cette politique ont été avant tout les populations des pays concernés, subissant dictatures moyenâgeuses et attentats quasi quotidiens. Trump vient d’ailleurs de recevoir à la Maison-Blanche le nouveau dirigeant syrien, Ahmed al-Charaa, ancien affilié à Al-Qaïda, désormais fréquentable dès lors que les États-Unis peuvent reprendre leurs affaires en Syrie. La morale est dans ce monde capitaliste avant tout affaire d’argent.
Comble du cynisme, on ne peut que remarquer que ceux qui prétendent lutter contre l’antisémitisme et le dénoncer sont les premiers à semer le racisme et la haine. Trump est à la tête d’un gouvernement d’extrême droite, dont les principaux soutiens propagent la théorie du « grand remplacement » et d’autres théories complotistes, dans lesquelles l’antisémitisme a toute sa place. Macron s’appuie sur le RN pour accréditer l’idée que c’est la gauche qui est antisémite, au mépris de toute réalité. Netanyahou a lui aussi porté l’extrême droite au pouvoir, entouré de suprémacistes qui affirment haut et fort qu’il faut exterminer ou chasser tous les Palestiniens. Une politique qui donne une guerre sans fin pour seul avenir à la population israélienne.
Travailleurs et travailleuses de tous les pays, ne nous laissons pas diviser
La seule perspective, c’est de continuer à dénoncer tous les racismes que ce monde capitaliste encourage et nourrit pour mieux nous diviser, dénoncer l’antisémitisme tout comme l’islamophobie. Mais aussi continuer à dénoncer le massacre des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie, et la manière dont les peuples sont écrasés pour le maintien d’un ordre impérialiste et les plus grands profits des capitalistes qui le dirigent.
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 15 décembre 2025