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Conférence sur la sécurité de Munich : une caverne de brigands et « 200 000 » figurants

Reza Pahlavi et Volodymir Zelensky

Signe des temps, ce ne sont plus les réunions de l’Organisation mondiale du commerce qui marquent l’actualité des puissants de ce monde mais les grands raouts militaires comme la Conférence de Munich sur la sécurité.

Rubio, secrétaire d’État américain, y a pris la parole le 14 février pour répéter sur un ton diplomatique les attaques que le vice-président Vance avait assénées l’an dernier : confrontée au « culte du climat » et à « l’immigration de masse », l’Europe devrait retrouver ses « racines chrétiennes » et rejoindre Trump dans la défense de « la civilisation occidentale ». Un discours d’extrême droite raciste tenu juste avant de s’envoler pour la Hongrie d’Orbán.

« Si c’est ainsi, sur ce ton, que nous communiquons nos différences mais aussi notre proximité, alors il est possible de travailler », a jugé l’entourage du chancelier allemand Merz. Même son de cloche chez Kallas pour la diplomatie européenne : « On n’est pas raccord sur tous les sujets, mais on peut trouver là une base de travail. » Les idées d’extrême droite sont déjà au pouvoir, avant même que son personnel politique ait « grand remplacé » celui de l’extrême centre !

Merz a promis de faire de la Bundeswehr « la plus forte armée conventionnelle d’Europe », dépassé dans ses ambitions uniquement par Macron qui agite la « dissuasion » nucléaire pour rappeler la capacité de nuisance de l’impérialisme français.

Occasio Cortez, qui se prépare à la présidentielle pour l’aile gauche du Parti démocrate, a montré patte blanche aux généraux et marchands de canons en indiquant qu’elle souhaitait « approfondir nos partenariats avec un engagement renforcé envers l’intégrité et nos valeurs ». Sonnantes et trébuchantes ?

Pahlavi, le fils du chah qui a régné d’une main de fer au service de l’impérialisme américain en Iran avant de se faire renverser par une révolution populaire en 1979, a posé aux côtés de Zelensky afin de travailler sa posture de marionnette des intérêts impérialistes. Il a aussi rencontré le français Haddad, ministre délégué à l’Europe, qui lui a déroulé le tapis rouge pour sa propagande en faveur d’une intervention militaire américaine contre le peuple iranien. Séance suivie d’une opération photo de royalistes iraniens devant la conférence, que les médias présentent comme une manifestation de 200 000 personnes.

On pourra se consoler de ce bal des vautours en réécoutant la chanson de Boris Vian, la Java des bombes atomiques : « Voilà des mois et des années / Que j’essaye d’augmenter la portée de ma bombe / Et je n’me suis pas rendu compte que la seule chose qui compte / C’est l’endroit où ce qu’elle tombe »

Raphaël Preston