
La mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite raciste et intégriste, a été l’occasion du déclenchement d’une vaste campagne de mensonges, d’insultes et de calomnies. Médias et politiciens, d’extrême droite, de droite et même de gauche, se sont acharnés, et pour certains continuent, contre la France insoumise et ce qu’ils appellent l’ultragauche.
Une intervention politique de l’extrême droite
Confortés et portés par cette vague de soutien, les groupuscules fascisants s’en sont donné à cœur joie : de nombreuses permanences de LFI ont été attaquées et taguées, et des militants connus ont été menacés. Des rassemblements se sont tenus, mais qui n’ont guère regroupé plus de quelques dizaines de personnes à chaque fois. À Lyon samedi, un peu plus de 3 000 manifestants ont pu parader impunément dans le cadre d’une manifestation nationale, encadrés et protégés par des centaines de policiers.
Les milieux ouvriers et populaires ont vite réalisé que, si Quentin Deranque était érigé en martyr, dans ce pays, c’est bien l’extrême droite qui provoque, qui agresse et qui tue : onze personnes depuis 2022, 48 depuis quarante ans, dans l’indifférence quasi générale des médias et des politiques. On ne les a pas entendus pour Ismaël Aali, tué parce que d’origine maghrébine le 6 janvier au sud de Lyon. Même silence pour le lycéen de Décines-Charpieu, dans la banlieue Est de Lyon, dont le visage a été lacéré le 19 janvier. Pas un mot pour El Hacen Diarra, travailleur immigré mort dans les mains de la police à Paris dans la nuit du 14 au 15 janvier. Silence complice après le coup de poing contre les Kurdes à Paris en février 2025, où une trentaine de nervis d’extrême droite ont attaqué une réunion et blessé un militant de la CGT au couteau.
Les réunions d’information sur la situation à Gaza, comme celle que le groupe fascisant Némésis a perturbée sous la protection de groupes paramilitaires, dont faisait partie Quentin Deranque, sont systématiquement la cible de la droite et de l’extrême droite, encouragées par les mesures répressives du gouvernement. La campagne médiatique aujourd’hui dirigée principalement contre LFI et l’extrême gauche vise en réalité tous ceux et toutes celles qui entendent protester contre le massacre des Palestiniens. Tous ceux également qui ne se résignent pas à la chasse aux migrants organisée par le pouvoir. Dans une situation où ils recueilleraient un fort assentiment populaire, les milices d’extrême droite pourraient s’enhardir encore, et viser les locaux syndicaux et les piquets de grève.
Une riposte qui doit être politique
L’extrême droite est potentiellement un danger mortel pour les travailleurs et la société. Pour en triompher, il ne suffira pas, même si c’est indispensable, de constituer des services d’ordre à même de protéger locaux, réunions et manifestations. La lutte contre l’extrême droite ne peut se gagner que par des luttes sociales et politiques d’envergure. Pour les mener, il est urgent de constituer un pôle politique d’extrême gauche capable d’ouvrir une autre voie que les impasses de la gauche institutionnelle, qui ne jure que par le respect d’une police et d’une justice au service du patronat, et qui, à chacun de ses passages au gouvernement, a déçu et démoralisé les classes populaires… et jeté une partie d’entre elles dans les bras de l’extrême droite.
C’est pour affirmer cette nécessité que des listes révolutionnaires sont présentes aux élections municipales. Alors, votez et faites voter pour des candidats qui ne se résignent pas à la perspective illusoire de tenter d’améliorer le capitalisme comme LFI, ni à gouverner au service du grand patronat comme le PS et ses alliés.
C’est le capitalisme qu’il faut combattre et renverser ! Le 15 mars votez pour les listes ouvrières et révolutionnaires présentées par le NPA-R. Là où nous ne sommes pas présents, votez pour les listes présentées par Lutte ouvrière.
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 23 février 2026