Nos vies valent plus que leurs profits

De l’argent pour la Sécu… pas pour les obus !

27 mars 2025 à Paris. Manifestation étudiante contre les coupes budgétaires

 

 

L’heure serait donc à la guerre. Prétextant que Poutine est aux portes de l’Europe alors que son armée s’est enlisée en Ukraine, Macron annonce 68 milliards pour l’armée d’ici 2030. La Commission européenne a, quant à elle, autorisé 800 milliards de dépenses militaires supplémentaires. Produire un avion Rafale coûte au moins 160 millions, dix fois plus qu’une école ou un bloc opératoire. L’austérité ce n’est pas pour tout le monde : il n’y a plus d’argent pour nos vies, mais il y en aurait pour la mort ?

Un système de guerre permanente

Dans le système capitaliste, la guerre est permanente. Aujourd’hui, elle ravage l’Ukraine, la Palestine, la République démocratique du Congo, la Syrie ; hier, l’Irak, l’Afghanistan, et des dizaines de guerres nous séparent encore de celles du Vietnam ou d’Algérie il y a un demi-siècle.

Trump, Macron, Poutine : aucun dirigeant capitaliste ne veut la paix. Leur unique but est d’étendre leur puissance, de mettre la main sur les ressources minières, comme en Ukraine ou d’assurer aux promoteurs immobiliers l’accès à des marchés de reconstruction, comme à Gaza. Et bien sûr, de faire exploser les bénéfices des industries de l’armement. Les drames des uns sont les aubaines des marchands de mort. Ni les politiciens ni leur prétendu droit international n’y mettront fin. Le capitalisme, c’est la concurrence, la loi du plus fort.

Guerre, nationalisme, racisme : un triptyque perdant pour les exploités

Mais les plus forts, ce sont bien les travailleurs et travailleuses, qui font tourner la société et n’ont aucun intérêt commun avec les entreprises qui les exploitent ici et profitent des guerres là-bas.

Pour chercher à nous diviser, les Retailleau, Darmanin, Le Pen, Bardella utilisent comme toujours leur arme favorite : la stigmatisation des musulmans, et en réalité des travailleurs originaires des anciennes colonies. Leur dernière obsession, interdire les pratiques sportives aux femmes voilées, sous prétexte d’« entrisme islamiste » dans le sport. Un amalgame de plus, tout comme celui qui voudrait confondre antisionisme, c’est-à-dire lutte contre le colonialisme israélien, et antisémitisme.

Mais ce piège ne prend pas ! Les manifestations contre le racisme et l’extrême droite du 22 mars dernier ont été des succès dans de nombreuses villes. La solidarité s’exprime aussi au quotidien, comme avec les jeunes mineurs isolés, que l’État et les pouvoirs publics s’acharnent à réprimer et à mettre à la rue.

Les divisions nationalistes et racistes sont autant de poisons qui permettent à la classe dominante de s’en prendre d’abord aux uns, les plus fragiles, qui assurent les boulots les plus pénibles, pour mieux écraser tout le monde à la fin. En Floride, aux États-Unis, les soutiens de Trump voudraient désormais remplacer les travailleurs immigrés par… des enfants et des adolescents !

Aller au-delà des mobilisations ponctuelles

Nous sommes nombreux à avoir la rage et l’envie d’en découdre avec le gouvernement, le patronat, leurs attaques et leur système. Une partie de la jeunesse étudiante se mobilise ces dernières semaines contre les coupes budgétaires dans les facs, exigeant du fric pour les universités plutôt que pour l’armée.

Mais quelques mobilisations et journées de manifestations ne suffisent pas : nous avons besoin d’un affrontement d’ensemble. Ni les partis de gauche, ni les directions syndicales ne cherchent à le préparer. Tous acceptent même le principe de l’effort de guerre, cherchant, au mieux, à l’amender pour mieux répartir les efforts avec les plus riches.

Affirmons au contraire que les guerres, l’armée et le drapeau des capitalistes français ne sont pas les nôtres. Non à l’union nationale : si tu veux la paix, n’aide pas les capitalistes à préparer la guerre !

Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 31 mars 2025

 

 

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