L’Iran, qui compte une classe ouvrière et, malgré les interdictions et la répression, quelques organisations syndicales1, a connu ces dernières années une série de grèves, ainsi que d’importantes mobilisations de la jeunesse et des peuples opprimés qui ont fait trembler la république islamique d’Iran.
Ces mobilisations ne sont pas craintes seulement par les dirigeants iraniens : les impérialistes ne veulent pas voir non plus les luttes ouvrières triompher. Le nouveau régime dont ils rêvent serait sans doute à l’image des autres États du Golfe : une dictature liée aux intérêts de Washington.
Le régime tient toujours
L’assemblée des experts, sous la pression des gardiens de la révolution, a choisi Mojtaba Khamenei comme successeur de son père au poste de guide suprême : un pied de nez à Trump et à ceux qui espéraient avoir affaire à un nouveau dirigeant plus conciliant. Mais un symbole aussi pour le peuple iranien, car Khamenei Jr., à la tête d’une fortune estimée à plus de 138 milliards de dollars, est l’homme de la ligne dure de la bourgeoisie iranienne, vis-à-vis des États-Unis, mais surtout de tous les exploités du pays.
Le mouvement ouvrier et les mouvements sociaux survivent
La mort de Khamenei père a été accueillie par des cris de célébration. Pour autant, la joie se mêle au deuil des familles qui ont perdu des proches dans les bombardements, à la détresse des millions de déplacés, à la misère de ceux qui ont perdu leur logement, leur emploi, leur accès à la santé, à l’éducation, aux moyens de se ravitailler… Les frappes contre des stocks de pétrole entraînent une crise sanitaire, avec des pluies acides et des fumées toxiques. Dans la sinistre prison d’Evin, bombardée le 2 mars, la distribution de nourriture, d’eau potable, les soins et les communications ont été interrompus.
La guerre donne une arme de plus au régime pour sa politique répressive : le chef de la police, Ahmadreza Radan, a ainsi déclaré que les manifestants antigouvernementaux seraient traités comme des ennemis et que les forces de sécurité ont toujours « le doigt sur la gâchette ». Mais, face à lui, comme à la dictature de rechange que Washington voudrait mettre en place, l’Iran est l’un de pays de la région qui a la classe ouvrière la plus nombreuse, forte d’une longue expérience de luttes.
17 mars 2026, J.-B. Pelé
Sommaire du dossier paru dans le numéro 53 de Révolutionnaires
- À bas la guerre de Trump et Netanyahou
- Une guerre pour le contrôle du Moyen-Orient et son pétrole
- La guerre relancée au Liban
- Mauvais calculs ou chaos prémédité
- Du feu des pasdarans à celui des bombes
- Un nouveau piège pour les Kurdes ?
- Macron dans l’engrenage au nom de la défense des intérêts de l’impérialisme français
- États-Unis : une opposition grandissante à la guerre