Nos vies valent plus que leurs profits

Macron dans l’engrenage au nom de la défense des intérêts de l’impérialisme français

Macron et l’Union européenne déclarent que « personne ne veut participer activement à cette guerre », alors que Trump fait pression pour que la France et le Royaume-Uni participent à la « sécurisation » du détroit d’Ormuz – en clair, aux bombardements contre l’Iran. La mort d’un soldat français dans le Kurdistan irakien rappelle que la France possède un nombre important de soldats dans la région. Depuis 2015, en lien avec les États-Unis dans le cadre de l’opération contre Daech Inherent Resolve (joli nom pour des opérations de bombardements qui n’ont jamais rien résolu !), entre 600 et 1 000 militaires français sont présents sur le sol irakien.

Au total, plus de 5 000 militaires français se trouvent dans la région. Le contingent le plus important (900 soldats) se trouve aux Émirats arabes unis, avec qui la France a signé des « accords de défense et d’engagement de sécurité » : sur la base navale d’Abu Dhabi – dont les généraux français se sont assurés que le port puisse accueillir le porte-avions Charles-de-Gaulle, la base aérienne d’al-Dhafra, et la base de Zayed Military City, où les militaires français peuvent déployer chars Leclerc et canons Caesar. L’armée française est aussi présente au Qatar, au Koweït et en Jordanie.

Sans oublier les 800 militaires français présents dans la Finul, cette force de l’ONU prétendument chargée de faire respecter la paix au Liban et protéger sa frontière des incursions dans les deux sens, mais qui se terre à chaque bombardement israélien.

S’y est ajoutée l’opération maritime Aspides (du nom des missiles que balançait la marine française), lancée par l’Union européenne en 2024 contre les attaques des Houthis pro-iraniens contre les navires de commerce en mer Rouge. Il faut compter aussi, de l’autre côté de la mer Rouge, la base de Djibouti, qui abrite 1 500 militaires.

C’est que la France a dans la région des intérêts économiques sonnants et trébuchants. Les Émirats sont de grands acheteurs d’avions Rafale et absorbent 42 % des exportations françaises au Moyen-Orient. 30 000 ressortissants français y sont établis. Le Qatar, lui aussi friand de Rafale, possède, outre le PSG, un véritable empire immobilier, de Paris à Nice.

Macron n’a peut-être pas voulu cette guerre lancée par Trump et Netanyahou, mais il a déjà le doigt sur la gâchette de ses lance-missiles pour défendre les gros sous de ses hommes d’affaires. S’opposer à la généralisation de la guerre, ce n’est pas en appeler au « droit international » ou implorer Macron de se cantonner à des « opérations défensives » (à 5 000 kilomètres du territoire français !). Il faut exiger le retrait de toutes les troupes françaises de la région, et tant mieux si ça met un coup aux bonnes affaires de Dassault et autres LVMH !

17 mars 2026, Aurélien Pérenna

 

 


 

 

Sommaire du dossier paru dans le numéro 53 de Révolutionnaires